«Le Réseau santé wallon sauve des vies» Donnez votre consentement pour le partage de vos données médicales entre prestataires de soins

«Le Réseau santé wallon sauve des vies» (Extrait de la Revue Le Spécialiste du 25/03/15, article de Vincent Claes)

 Depuis 2006, le RSW ne cesse d’évoluer. Après une longue période de conception et de production, le réseau entre dans la phase de recrutement des utilisateurs. «Du côté du corps médical, 61% des médecins wallons sont actifs sur le réseau», souligne Philippe Olivier, président de la Fratem (l’asbl qui développe et gère le RSW) et de l’Association liégeoise de télématique médicale (Altem). «La plupart des hôpitaux généraux wallons publient des documents sur le RSW. Actuellement, 9 millions de documents sont indexés. Ce qui représente, si on ne compte qu’une page par document, une pile d’un kilomètre de haut», s’enthousiasme Philippe Olivier. «280.000 patients wallons sont inscrits. Tous les indicateurs montrent une croissance exponentielle».
Reste néanmoins à
convaincre 92% de la population wallonne de s’inscrire. L’Altem mène pour l’instant (du 16 au 27 mars) une quinzaine de sensibilisation. Dans 17 sites hospitaliers, un kiosque RSW a été aménagé dans le hall d’entrée. Des hôtesses, spécialement formées, proposent aux usagers des hôpitaux de Liège-Huy- Waremme de s’inscrire au RSW. Des vidéos vont être diffusées (consultables sur notre site internet).
Pour rappel, cette
inscription gratuite peut se faire via un service administratif de l’hôpital ou celui de la Fratem, un médecin généraliste ou directement sur le site internet du réseau (www.rsw.be). Il revient au patient de donner volontairement son consentement pour que les prestataires de soins, qui ont une relation thérapeutique avec lui, puissent consulter les documents (protocoles, résultats de laboratoire et d’imagerie…) qui le concernent. «Nous préférons un système “opt-in” dans lequel le patient doit donner son consentement à un système (opt-out) qui se passe du consentement du patient sauf s’il refuse officiellement l’accès», ajoute le Dr Olivier. «Lorsque le consentement est recueilli, il l’est pour l’ensemble du pays.» Ainsi, par exemple, un médecin qui exerce à Ostende peut consulter via un meta-hub (lire ci-contre) le RSW sans devoir redemander le consentement du patient wallon dont il s’occupe durant son séjour à la mer du Nord.
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Voir le site

Au 1er mars, la plateforme e-health avait déjà recueilli l’accord de 712.794 citoyens favorables au partage d’un résumé de leur dossier médical (le sumerh). La ministre de la Santé publique et des Affaires sociales va bientôt lancer une grande campagne de sensibilisation auprès des patients pour les pousser à donner leur consentement au partage de leurs données médicales entre prestataires de soins.
Il va de soi que les accès aux documents médicaux sont interdits en dehors du contexte de soins. «Le patient reste maître du jeu», souligne le Dr Olivier. «Il peut limiter l’accès des documents aux médecins de son choix. Il a le droit de savoir qui les a consultés. Il peut se désinscrire à tout moment. Il a accès aux documents qui le concernent et peut en filtrer l’accès.»
Précisons que pour l’instant, l’accès se limite à la note que le médecin titulaire du DMG peut rédiger dans le dossier disponible sur le RSW et aux notes du patient lui-même. Le patient ne peut actuellement pas consulter les protocoles et résultats. Il peut juste voir quand ils ont été envoyés à son
médecin traitant. Cette limitation réduit évidemment l’intérêt pour le patient de pouvoir accéder en ligne à son dossier. Comme l’a souligné durant la conférence de presse le Dr Jacques Strea, médecin généraliste à Tinlot, l’accès aux données est contrôlé par le médecin généraliste. Il vaut en effet mieux présenter les résultats d’analyses ou d’examens importants lors d’une consultation que de les mettre en consultation «libre» pour le patient.
Les promoteurs du RSW estiment que ce réseau, qui programme encore des développements majeurs, va dans les prochaines années devenir une sorte de pierre angulaire du système de santé wallon. «Dans quelques années, on dira qu’il y a eu un “avant” et un “après” RSW», commente le Dr Olivier. Le RSW est soutenu par le gouvernement wallon et devrait bientôt recevoir un financement structurel de la Wallonie (jusqu’ici, son développement été rendu possible grâce aux asbl de télématique, aux hôpitaux et au bénévolat).

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Le patient a accès à ses données

Outre l’interconnexion des prestataires de soins autour du patient, le réseau permet aussi de réaliser des économies en évitant de répéter inutilement des examens. «Le Réseau santé wallon sauve des vies», ajoute encore Philippe Olivier. «Nous avons de nombreux exemples de son utilité. Suite à une opération délicate, un médecin avait indiqué dans le dossier du patient que s’il y avait une complication il fallait poser un acte bien précis. Quelque temps après, ce patient s’est retrouvé aux urgences d’un autre hôpital. Il a pu signaler à l’urgentiste que son chirurgien avait mis une note dans son dossier. L’urgentiste a pu intervenir à temps.» 

Commentaires

  • Excellente initiative ! don't it ? Jean Pierre ...

  • Ben, vous voyez. C'est possible de trouver quelque chose qui vous plait.

  • ... Qui vous plaise.

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