Tinlot. Petit historique de l'église de Seny

A l'occasion de la fête de Seny, voici un petit historique sur l'église du village, consacrée à Saint-Pierre, réalisé par Marcel Ponthier

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L'église actuelle

L’église de Seny et Saint Trudon (ou Trudo ou Trond)

L’abbaye de St-Trond possédait Seny depuis l’an 655 et lui appartiendra jusqu’en 1796, toutefois il est probable qu'à cette époque elle n'était pas encore église paroissiale, puisque le diplôme du Pape Pascal II (1107) ne la mentionne pas comme telle ; par contre, le diplôme du Pape Alexandre III (1178), la cite parmi les églises paroissiales.

A croire le chroniqueur de l'abbaye de Saint-Trond du XIVe siècle, il y avait déjà une église à Seny en 660.

Une pierre, placée à l’église, porte une inscription latine dont voici la traduction : «L’an 655, le seigneur du lieu nommé de Sény, aveugle et atteint de la lèpre, en reconnaissance de sa guérison obtenue par les mérites de St-Trudon qui passait par Sény lui a fait donation de cette église, de sa villa et de son domaine allodial ». (St-Trudon quittait Metz pour regagner la Hesbaye, sa patrie, et passait par Seny.)

Chose qui semble confirmer cette inscription, c’est que le village de Seny a appartenu, dès la plus haute antiquité, à l’abbaye de St-Trond, qui l’a conservé pendant plus de onze siècles.

Une bulle du Pape Pascal II, datée du 25 mai 1107, énumère Seny parmi les possessions du monastère de St-Trond.

En 1607, Hubert de Sutendael, 59e abbé de St-Trond, entreprit la reconstruction de l’église de Seny qui menaçait ruine. Une pierre sculptée de ses armoiries est encastrée dans un des murs de l’église actuelle. Elle fut terminée en 1647 et consacrée le 18 octobre 1650 par Richard-Paul Stravius, Evêque-Auxiliaire de Liège.

Le maître-autel fut consacré à Saint Pierre et à Saint Trudon. En même temps deux autres autels furent dédiés à la Sainte Vierge et au Saint Sacrement, dont le recteur était tenu à deux messes par semaine. Dans ces autels, on déposa des reliques des Saints Martyrs de Trêves et des Onze-Mille-Vierges. L'anniversaire de la dédicace où les fidèles pouvaient gagner quarante jours d'indulgence, fut fixé au premier dimanche après la fête de saint Rémi (soit après le 1er janvier). La déclaration authentique, délivrée par l'évêque consécrateur, se trouve au tome XII des Miscellanea (Hasselt, n° 6731, fol. 71).

Le 6 septembre 1724, Jean MOSSOUX, nouveau curé de cette paroisse, s'adressa à l'abbé de Saint-Trond pour obtenir la permission de vendre un vieux chemin allant vers Terwagne. Le produit de la vente devait servir à la réparation de la tour de l'église. Cette permission lui fut accordée.

Le curé suivant, L. Van Berwaer, déclarait qu'il avait prié, le 7 février 1768, l'abbé de Saint-Trond de contribuer par moitié à la réparation de la tour, faite en l'an 1766 et que le prélat avait gracieusement acquiescé à sa demande.  

Au milieu de XIXe siècle, en 1849-1850, cette deuxième église fut considérée comme trop petite et vétuste et fut reconstruite en briques pour une somme d’environ 30 000 frs or (architecte Jean-Charles Delsaux, celui qui a conçu le Palais Provincial de Liège en style neo-gothique). La réparation de la tour et de la sacristie sera faite en 1853. Les vitraux de l’église représentent les vies de St Pierre et de St Trudon (ou St Trond) (date 1934 ?).

En 1934, il faut constater que l’église est de nouveau dans un triste état. C’est alors qu’une grande rénovation et un agrandissement sont entrepris, grâce au dévouement du Curé Auguste Mattart et sous le mécénat de Charles Fabri, notable du village. L’autel majeur actuel date de cette époque.

Cette rénovation apporte à l'église un chœur pavé en marbre de Rance, un autel en marbre rouge et une chaire à prêcher en bois précieux sculpté, posé sur un socle de marbre rouge et noir. La porte d'entrée est changée, on y remarque deux panneaux de chêne rehaussés de 2 panneaux bronzés représentant Saint Jean-Baptiste et Saint Siméon.

C'est à cette époque qu'est construite la chapelle baptismale. Les fonds baptismaux sculptés, dans un bloc de marbre vert de Scandinavie, forment le centre de cette chapelle octogonale dont les murs sont décorés de marbre noir et percés de petits vitraux colorés. Concernant cette chapelle baptismale, la Commission Royale des Monuments et Sites avait fait connaître, en 1935, au Ministre de la Justice qu’elle joignait ses protestations à celles du Comité Provincial des Correspondants de Liège, au sujet de la construction sans autorisation officielle, d’une chapelle contre le côté Sud de l’église de Seny. La Commission a prié Mr le Ministre précité de bien vouloir rappeler à l’ordre la Fabrique d’Eglise quant au respect des prescriptions de l’AR du 16 août 1824. Ce qui n’a eu aucun effet puisque la chapelle est toujours bien là !

La décoration de l'abside a été réalisée par Jules David, en collaboration avec M. de Falloise. Elle représentait la scène de la transfiguration du Christ. A l'heure actuelle, de cette scène, seul un Christ magistral s'avançant vers l'assemblée reste visible.

L'église de Seny a relevé, jusqu'à la Révolution française, de l'Archidiaconé de Condroz et du Concile d'Ouffet. Elle avait rang de quarta capella.

On pourrait s’étonner de la présence du retable, grande toile peinte, représentant Saint Lambert, située au dessus de l’autel latéral droit. Il faut savoir qu’en fait Saint-Lambert est le saint patron du village, alors que l’église est dédiée à Saint Pierre.

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Pierre commémorative, datée de 1849, d'un miracle certifié par Hubertus Sutendael, abbé de Saint-Trond en 1647
Blason d’Hubertus Sutendael, abbé de Saint-Trond 1645

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Toile représentant la prédication de Saint Lambert du peintre Jean-guillaume Horquy (+/-1855-1861)
Statue de grès peint (ht 2m) de Saint Trudon réalisée par Lambert HERMAN, sculpteur vers 1855

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