Seny en fête, le dimanche 27 août

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La place du Baty bien ensoleillée pour la fête de Seny

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Un temps magnifique ce dimanche 27 août pour la fête de village à Seny. Beaucoup de monde dès la sortie de la messe et à l'apéritif offert par la commune.

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La journée avait débuté avec une première commémoration patriotique au monument de l'ancienne Maison Communale suivie de la messe commémorative. C'est ensuite place du Baty que de nombreux participants se sont retrouvés devant le monument de l'Armée Secrète avec une dizaine de porte drapeau. La Bourgmestre a souligné l'importance du travail réalisé par tous les acteurs de ces commémorations toujours fidèles qui nous permettent d'entretenir ce travail de mémoire essentiel :"C'est grâce à tous ceux dont nous nous souvenons que nous pouvons aujourd'hui faire la fête dans un pays libre"

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Voici les textes de faits de guerre rédigés par Christiane Auwers et évoqués lors de la fête du village.
Le premier est lu par Christiane Auwers au monument de l'ancienne maison communale et le second par Tony Evelette sur la place du Baty.

"Nous sommes le 11 mai 1940, la guerre est aux portes de nos villages. Des centaines de soldats et de réfugiés traversent nos contrées.
L’aviation allemande tire sur les routes, les chemins de fers, les ponts. La population sombre dans la panique et l’effroi. Beaucoup d’habitants de Seny, Abée-Scry, Fraiture et Soheit-Tinlot vont grossir les colonnes de réfugiés. Ils sont épuisés et affamés. Ils circulent à pied, poussant des voitures d’enfants, des brouettes chargées de quelques objets hétéroclites. Des charrettes à chevaux, des automobiles surchargées offrent un spectacle tragique et désolant. Les enfants suivent, les traits tirés, les visages laissent transparaître la peur quand les avions ennemis reviennent pour semer la mort. Les habitants de Ramelot, en une forte majorité, n’évacuent pas.
Le 28 mai, les troupes ennemies défilent sans arrêt. Le bruit des bottes résonne sur les pavés.
L’ennemi s’installe et avec lui, de nouvelles règles, notamment celle d’occulter toutes les fenêtres pour empêcher l’armée anglaise de se repérer. Les patrouilles allemandes surveillent chaque soir le respect des mesures. Un couvre-feu est imposé, ainsi que l’heure allemande. Si l’on doit circuler la nuit, il faut une autorisation spéciale de la Kommandatur.
Au fur et à mesure que les jours passent, les allemands ramènent quelques évacués qui retrouvent leurs maisons pillées ou occupées.
Les mauvaises nouvelles arrivent :
René Pire, de Petit-Seny, est mort au combat à Gommegnies en France, le 18 mai à l’âge de 27 ans.
Ernest Leers a été tué sur la Lys le 26 mai à l’âge de 28 ans.
Alfred Dossogne, d’Abée, est tué à Tielt à l’âge de 26 ans.
Louis Demoitié de Fraiture a perdu la vie à Wallers-Trélon (frontière franco-belge) le 17 mai 1940, il était né en 1917.
Cette terrible guerre ne fait que commencer, des milliers de jeunes vont perdre la vie.

Lire la suite ci-dessous:

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Nous sommes le 3 septembre 1944 vers 9 heures, une compagnie allemande précédée de quelques chars pénètre dans le village de Fraiture. Plusieurs soldats se dirigent vers le château. L’alerte est donnée par une sentinelle et les 40 résistants sous les ordre de Joseph Guissart, baptisé « Mouron Rouge », se cachent dans le bois en emportant en hâte les armes, les vivres et les munitions. Pendant la perquisition par les allemands, Mme Goffin et Mme Demeester dissimulent quelques armes qui n’ont pu être emportées.

Un des soldats s’aperçoit qu’une carabine qu’il a remarquée a disparu, et la réclame à Mme Goffin qui la lui rend sans hésiter.

Les Allemands suspectent alors qu’un groupe de la Résistance se trouve dans les environs et pour assurer leur sécurité prennent en otage les personnes qui sont au château.

A l’aube du 4 septembre, les résistants qui se sont enfuis du château et ont passé la nuit dans le bois, pointent une mitrailleuse en direction de l’ennemi. Vers 7 heures du matin ils ouvrent le feu. Les Allemands, supérieurs en nombre, ripostent directement. Les chars tirent sur toute la largeur du bois. Les résistants ont devant eux un régiment d’élite : un bataillon blindé de reconnaissance de la 2e division des Panzers.

Les alliés décident de se replier. André Michel et Paul Maréchal sont tués. Les Allemands pénètrent dans le bois et tentent une manœuvre d’encerclement du bois, mais, par un heureux hasard, un avion allié remarque les blindés ennemis, il effectue plusieurs passages en mitraillant et permet la fuite des résistants. Monsieur Jean-Marie Mann, blessé, tombe entre les mains ennemies ainsi que le corps d’un soldat allemand tué dans l’escarmouche. Furieux d’avoir perdu un homme, ils obligent les otages à creuser une large fosse dans la cour du château destinée à devenir leur tombeau.

Le travail terminé, les Allemands demandent à Monsieur Léonard de s’éloigner. Ils rouent de coups ses compagnons et les alignent au bord de la fosse. Un S.S. armé d’un fusil les abat un après l’autre. (Marie Goffin, Alfred Jumelle, Léopold Leclère, Alexandre Mees et Paul Bomont (un tailleur qui est venu livrer des salopettes), Monsieur Léonard, on ne sait pourquoi est épargné, doit combler la tombe après y avoir déposé le corps de Monsieur Mann, mort faute de soins.

Dans la nuit vers 3 heures et demie, les Allemands évacuent en hâte le village, après avoir libéré des otages qu’ils avaient arrêté la veille.

Au petit jour, des villageois se dirigent vers la fosse pour exhumer les corps des victimes pour leur donner une sépulture décente.

Pensons en cette journée de fête à tous ces résistants qui ont combattu, tous animés d’un même idéal et d’un même esprit de sacrifice, et qui nous permettent de vivre dans un pays libre.

Christiane Auwers, FNC

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