Tinlot, Projet de poulailler. L'échange d'arguments se poursuit

Le délais pour la consultation du dossier soumis à l'enquête publique étant très court (il se termine le le mardi 7 novembre à 9h) les promoteurs de la pétition ont réagi à la lettre de Jérôme Hartog qui apporte  des précisions sur son projet de poulailler à Tinlot:

Suite aux explications données par Monsieur Jérôme HARTOG sur le blog on est un peu rassuré sur le projet.  Toutefois, il y a bien un riverain qui a étudié le dossier déposé à la commune et voici ces conclusions.

"Après une lecture attentive du dossier déposé auprès des services de la Commune de Tinlot, je me permets de vous écrire pour vous transmettre mon désaccord dans le cadre de cette enquête publique en vue d’obtenir un permis d’environnement de classe 2. Les raisons en sont multiples.

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Tout d’abord, au niveau de la forme : dans le texte, il est fait référence, en matière d’eaux usées, de consulter la « page 7 » de « l’Annexe II A ». Or, « l’Annexe II A » ne comprend que les pages 1 à 6 sur les 17 qui devraient la constituer, et ce, dans les 2 exemplaires que possèdent vos services. Que doit-on en penser ?

Ensuite en tournant les pages une à une, le dossier mentionne qu’une étude d’incidence sur l’environnement n’est pas justifiée alors que celui-ci aborde, pour les minimiser, un certain nombre de nuisances sur celui-ci en faisant appel à notions théoriques qui auraient dû et pu être vérifiées par des prises de mesures sur le terrain. Cette attitude me laisse perplexe et ne relève pas d’une attitude saine et objective.

Concernant les extracteurs à basse vitesse du pignon et à haute vitesse du toit, il n’est pas fait mention de l’usage de différents filtres en vue de réduire la contamination de l’air rejeté dans l’atmosphère tant du point de vue bactériologique, odeurs et poussières diverses, alors qu’il y est fait allusion de leur usage dans d’autres circonstances et en d’autres lieux. La faisabilité de la chose doit être obligatoirement envisagée !

L’impact du prélèvement de l’eau par le puits de forage sur la nappe aquifère n’a pas été envisagé ni à court ni à long terme que ce soit en période d’abondance ou de sécheresse. Dans l’avenir, la disponibilité en eau saine sera un challenge pour l’humanité. L’avis de la Société des Eaux, responsable de l’approvisionnement des communes avoisinantes, n’a pas été demandé !

Les mesures de sécurité liée à l’existence d’une citerne de gaz d’une capacité de 9.100 Litres n’ont pas été abordées, les risques d’incendie et d’explosion n’étant pas nuls.

La description sommaire décrite de l’élimination des eaux usées ne met pas à l’abri d’une erreur humaine qui, lors d’une manœuvre contraire, permettrait un déversement des eaux usées vers les eaux de surface proches, notamment vers le ruisseau « La Bonne » ou vers la mare de récupération avec sa dispersion vers les eaux souterraines. En ce domaine, les différentes actions liées aux manipulations de ces eaux avec les mesures correctrices à apporter en cas de problème ne sont nullement envisagées.

Même, si en Région Wallonne, les normes en matière de nuisances olfactives sont peu contraignantes, la notion de « gêne acceptable » est trop subjective. Je n’en veux pour preuve que l’argument avancé « d’une ventilation dynamique performante » ne fait aucune référence à l’usage de filtres anti-odeur et que la méthode d’entretien du poulailler est présentée comme « bonne » alors que, pendant celui-ci, le statut des ventilateurs, en arrêt ou fonctionnant, n’est pas spécifié, l’impact étant tout autre.
Les nuisances olfactives liées aux fientes entreposées au bord des champs en attente d’épandage n’ont guère été abordées : leurs lieux d’entrepôts par rapport à l’habitat, leurs positions en fonction des vents dominants, leurs durées moyennes d’entreposage, … .

De nouveau, les nuisances sonores sont minimisées. Si l’intensité des bruits est spécifiée, la fréquence de ceux-ci n’est pas décrite. Or, un bruit aigu est plus stressant et moins bien toléré qu’un grave. De même, l’impact de la propagation des sons en fonction du relief, du moment du nycthémère (la nuit, la propagation augmente), de la direction ainsi que de l’intensité des vents, n’est nullement abordé. Une simulation sur le terrain aurait pu et dû être envisagée. Les vibrations ainsi que le bruit lié au passage du charroi sont des éléments également peu pris en compte alors que bien réels. Bref, le calme, tant recherché à l’heure actuelle, risque de ne plus être bientôt une réalité.

Une nuisance bien plus insidieuse est l’impact des poussières de fientes des poulets sur la santé des êtres humains car, chez certains d’entre nous, l’exposition au long cours à ce type de molécules peut entraîner la survenue d’une altération irréversible de la fonction pulmonaire conduisant au développement d’une insuffisance respiratoire chronique. Plus fréquemment, peut se développer un état allergique se manifestant principalement par des crises d’asthme. De même, l’usage de désinfectants variés et, certainement, d’antibiotiques divers, peut également être à la base de la survenue de résistances bactériennes croisées démontrées en milieu hospitalier malgré les précautions prises et de réactions allergiques induites par le contact de ces molécules véhiculées par l’air ambiant ou l’alimentation. Or, le développement d’allergie est, dans notre société actuelle, un fléau qui prend de plus en plus d’importance. Comme « prévenir vaut mieux que guérir », il faut éviter de créer des situations potentiellement dangereuses d’autant plus qu’en matière de santé publique, les autorités administratives portent une responsabilité. Dès lors le principe de précaution doit absolument prévaloir.

Un tel type d’exploitation, à différents moments du processus, va générer une quantité importante de poussières malodorantes et chargées notamment de diverses molécules nocives, comme de l’ammoniaque, des désinfectants ou des antibiotiques. La grandeur de l’aire de dispersion de ces poussières dépendra de l’orientation et de la force des vents ainsi que de la taille des particules mises en suspension. Dès lors, des données météorologiques auraient dû se trouver dans ce dossier pour faciliter l’établissement d’une carte de dispersion. La pose de filtres adéquats aux ventilateurs aurait permis d’en réduire la quantité à la source. Toutes ces poussières nocives finiront par se déposer dans nos jardins, sur nos voitures, bref partout et tout le temps, sur nos biens comme le sable du Sahara à certaines périodes.

La description détaillée du processus d’engraissement est enrichissante car elle fait apparaître une non-prise en compte du bien-être animal et démontre que le projet vise à atteindre une certaine quantité et non, ce qui est la tendance actuelle dans notre société, une meilleure qualité dans le cadre d’un circuit court. Le mode d’élevage décrit va à l’encontre de la tradition agricole de notre région et dénote un manque de transparence ne spécifiant pas l’origine des poussins, la destination des poulets, les lieux et les modalités d’abattage et, enfin de compte, la trace carbone de l’intégralité du processus.

L’impact de cette activité humaine sur l’environnement (homme, faune, flore, climat, paysage, biens matériels, patrimoine culturel, …) a été balayé d’un coup de revers de la main affirmant que la surveillance des émissions ne se justifiait aucunement. Or, comment faire la preuve de cette innocuité sans mesure de surveillance ? Ce mode de raisonnement ne relève pas d’un comportement éclairé et responsable et est à l’encontre des tendances politiques actuelles de notre société qui proclame, partout, haut et fort : « Il faut arrêter de mutualiser les nuisances et privatiser les bénéfices » et encore « Les pollueurs doivent être les payeurs »."


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Pour toutes ces raisons, nous vous invitons:
A envoyer rapidement (avant le 6 novembre prochain !!) à la commune de TINLOT (Collège échevinal - rue du Centre 19 - 4557 TINLOT) une lettre d'opposition à ce projet (modèles, page facebook)

Pour rappel: la commune est fermée de mercredi à dimanche soir, mais vous pouvez déposer votre courrier dans la boîte aux lettres)
A signer cette pétition en ligne :
https://www.petitions24.net/non_aux_poulets_industriels_sur_la_commune_de_tinlot

Commentaires

  • Interpelant ! Et pourtant ça nous pend au nez… Triste.
    Réflexions très pertinentes malgré le temps si court pour consulter et analyser !

    Merci, Eddy.

  • Des observations effectivement particulièrement pertinentes auxquelles il est difficile de rester insensibles, si ce n'est pour les promoteurs de ce projet qui après avoir tenté de nous donner des leçons de politesse, nous invitent envers et contre tout, à de l'apaisement et de la sérénité ... Si c'est pas de l'arrogance, ça y ressemble très fort !

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