Condroz: bientôt plus de seniors qu’ailleurs en Wallonie

1058965427.jpegPour ceux qui se posent la question "Pourquoi un salon "Bien Vieillir au pays des Condruses", voici une analyse pertinente apportée par le Tinlotois Sébastien Brunet (Abée), administrateur général à l’Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique (Iweps) et également au C.A. du GAL. Propos recueillis par Jérôme Guisse et publié dans la Meuse du 21 novembre.

Les chiffres

4.629

C’est le nombre de personnes de 65 ans et plus en 2015 dans le Pays des Condruses, ce qui correspond à 15,7 % de la population. D’ici 2030, elles devraient être 7.041, et représenter ainsi 22,1 % de la population. Ce pourcentage est légèrement supérieur à la moyenne wallonne qui se situe à 22 % dans le cadre des projections réalisées par l’Iweps, Statistics Belgium et DEMO-UCL.

13.398
C’est le nombre de personnes de 65 ans et plus en 2015 dans le Condroz. D’ici 2030, elles devraient être 18.978, et représenter ainsi 21,8 %. Un pourcentage qui frôle la moyenne wallonne.

611.759
C’est le nombre de personnes de 65 ans et plus en 2015 dans le reste de la Wallonie. D’ici 2030, elles devraient être 839.266, et représenter ainsi 22 % de la population.

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Selon l’Iweps, le Condroz possède une population plus jeune que dans le reste de la Wallonie. Mais autour de 2030, selon leurs projections, ce retard sera rattrapé, si bien que les sept communes du Pays des Condruses dépasseront légèrement la moyenne wallonne.

capture ecran 2017-11-22 à 15.47.59.jpgActuellement, le Condroz, plus particulièrement les communes du Pays des Condruses, comportent une population globalement plus jeune qu’ailleurs en Wallonie. «  C’est une conséquence du déversement des villes vers les campagnes  », indique Sébastien Brunet, Tinlotois administrateur général à l’Institut wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique (Iweps). «  Grosso modo, des couples viennent rajeunir la population du territoire.  »

Toutefois, les projections de l’Iweps indiquent que le Pays des Condruses rattrapera son retard d’ici 2030. Par conséquent : on y «  vieillira plus rapidement  ». «  Les couples qui s’installent dans ces communes ont accès à la propriété. Ils ont donc entre 30 et 40 ans, et seront au seuil de la vieillesse d’ici 2030  », détaille Marc Debuisson, démographe au sein de l’Iweps. «  En parallèle, des jeunes quittent leurs communes se rapprocher de leur lieu de travail.  »

Il ajoute qu’accès à la propriété rime avec un certain niveau financier, et par conséquent une espérance de vie élevée. Les statistiques montrent ainsi que les Belges dont l’espérance de vie est la plus forte sont dans le Brabant-Wallon. À l’inverse, la plus faible concerne le Hainaut. La commune qui connaîtra le vieillissement le plus fort dans le Pays des Condruses et Nandrin, précise le démographe. Enfin, la fécondité dans ces communes reste dans la moyenne.

Pour faire face à cette problématique, le GAL Pays des Condruses organise ce samedi un salon dédié à cette thématique. Au programme notamment : des conférences, mais également des initiations à la gymnastique douce, à la marche nordique ou encore au tai-chi.

«  On se dit que la vieillesse, c’est loin. Mais il faut y penser dès maintenant  », prévient Sébastien Brunet. «  C’est une tranche de la population qui représente un coût, mais qui peut dégager du temps et de la sagesse.  »

À ses yeux, il s’agit d’une problématique à la fois européenne et très locale. «  Il faudra forcément que les communes s’adaptent en termes de soin et de commerces de proximité  », continue-t-il. «  Ce genre de salon est une initiative rare.  » Organiser un tel événement peut avoir un effet domino selon lui, et ainsi enclencher des actions plus concrètes sur le terrain.

Enfin, Sébastien Brunet estime qu’il ne faut pas ramener le problème de la vieillesse à la sécurité sociale. « Les vieux de demain, c’est nous. Comment serons-nous ? Les technologies seront-elles adaptées ?  »

Nommé Bien vieillir au Pays des Condruses, le salon tinlotois aura lieu le samedi 25 novembre à la salle la Tinlotoise, rue de l’Église, entre 10h et 18h.

Plus propices à l’isolement

DSC_1244.jpgChristine Guyot, échevine des aînés à Tinlot, fait partie des personnes à l’initiative de ce salon. «  Le but est d’éveiller les consciences sur le vieillissement et de favoriser le dialogue intergénérationnel  », raconte-t-elle.

L’échevine explique que les plus de 65 ans sont forcément plus suivis au niveau de leur santé que les autres tranches de la population. «  On remarque qu’ils sont plus fragiles, plus propices à l’isolement et sont parfois dépassés par les technologies  », continue-t-elle. «  Ils éprouvent des difficultés. Ce salon permettra d’entrevoir des possibilités au niveau de beaucoup de choses, notamment au niveau du logement. Les familles n’ont parfois pas d’autres choix que de mettre l’un de leur parent en urgence dans un home et ça ne se passe pas toujours bien moralement.  »

Article de Jérôme Guisse dans la Meuse Huy-Waremme

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