Football. Le Fraiturois Jonathan Lardot, numéro 1 de l'arbitrage belge

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Depuis les affaires qui ont secoué le football belge, le Fraiturois Jonathan Lardot est devenu le numéro 1 de l’arbitrage. Ce titre, il ne le doit pas qu’au déclassement de Bart Vertenten et de Sébastien Delferière. Sa désignation pour siffler la finale de la Coupe de Belgique entre le Standard et Genk et son titre d’« Arbitre de l’Année » sont autant de preuves de ses progrès et de son travail.
Interview Laurent Maes, La Meuse H-W

Jonathan, 2018 est la meilleure année de votre carrière puisque vous avez été désigné pour arbitrer Standard-Genk, en finale de la Coupe de Belgique, et que vous avez été élu « Arbitre de l’Année » en fin de saison dernière. Comment qualifiez-vous l’année 2018 ?
Elle a été très bonne au niveau belge mais je peux mieux faire au niveau européen. Je garde quand même un goût mitigé sur certains points. D’une part, je suis très content de la reconnaissance qui m’a été adressée via ce titre d’« Arbitre de l’Année ». Je suis également très heureux d’avoir pu arbitrer la finale de la Coupe, même s’il faisait très froid. C’était une belle récompense et une belle opportunité. J’espère qu’il y en aura d’autres. Par contre, certaines histoires m’ont touché. Veljkovic (N.D.L.R. : le manager impliqué dans le footbelgate au même titre que deux arbitres, dont Vertenten) a essayé de salir mon image. Il a contacté Genk en disant que j’étais supporter du Standard et qu’il fallait que le club pousse pour mettre Vertenten à ma place. Je ne l’ai appris, via les journaux, que quand les affaires ont éclaté.
Ces affaires, vous vous y attendiez ?
Absolument pas. Je n’ai rien vu venir, le monde extérieur non plus. Je n’avais aucun soupçon. Bien sûr, j’avais vu les phases litigieuses dont on a beaucoup parlé par la suite. Mais je les considérais comme des erreurs humaines, pas intentionnelles.
Comment avez-vous réagi à ce moment ?
La première phase, c’est de la surprise, des interrogations, on se demande pourquoi ils ont fait ça et ce que cela leur apporte… si cela se vérifie. Ensuite, on attend les confirmations. La dernière étape, c’est d’attendre les vérités et les sanctions puis de tourner la page.
Depuis que la bombe a éclaté, cela complique votre tâche sur le terrain ?
Le premier match, oui. Depuis, c’est retombé comme un soufflet et c’est mieux ainsi. Continuer à en parler leur ferait de la pub, donc c’est mieux de ne pas en faire. Arbitrer n’est pas plus difficile qu’avant.
Et votre titre d’« Arbitre de l’Année », vous vous y attendiez ?
Non. Nous étions 3 arbitres invités par la Pro League : Van Driessche, Vertenten et moi. Nos chances étaient équivalentes. Je n’espérais pas l’avoir pour ne pas être déçu mais c’est très agréable d’être reconnu pour son travail. Un trophée individuel, c’est peu courant pour un arbitre.
Depuis que Delferière et Vertenten sont dans l’œil du cyclone, on vous confie plus de matches au sommet. Vous êtes vraiment LE numéro 1 belge ?
Oui. J’ai la confiance de la direction de l’arbitrage donc je me sens plus en confiance, donc je fais de meilleurs matches… C’est une spirale positive. Mais ce statut ne me met pas une pression supplémentaire sur les épaules. Demain, ce sera peut-être un autre. J’essaie de ne pas y penser…
Au niveau européen, vous estimez pouvoir faire mieux. Pourrait-on vous voir prochainement siffler en Champions League ?
Pas dans les prochains mois. Pour arbitrer à ce niveau, il faut faire partie de la catégorie Élite. Pour l’Europa League, il faut être de catégorie 1. Moi, j’appartiens à la 2, qui permet de diriger des matches entre l’été et le mois de janvier. Je dois donc attendre de monter de catégorie. Mes rapports ont, en général, été bons mais j’ai raté des cartes lors de mes 2 dernières rencontres (Irlande-Autriche en Nations League et Larnaca-Zurich en Europa League).
Heureusement, rien n’a influencé le résultat, au contraire. Ce sont des points techniques, des détails qu’il faut travailler pour progresser. Il faut être exigeant envers soi-même dans l’arbitrage, comme dans le travail ou dans l’éducation des enfants, afin de ne pas nourrir de regrets. Je ne sais pas pourquoi j’ai soudainement régressé. La fatigue ? Les éléments extérieurs ? A présent, c’est la trêve et elle va faire du bien car, en plus de l’arbitrage, j’ai été débordé avant les fêtes vu que je travaille dans le chauffage. J’étais encore moins à la maison…
Vous voir dans quelques années dans un grand tournoi, du style de l’Euro ou de la Coupe du Monde, est-ce possible ?
Pour 2020, c’est impossible d’avoir un arbitre belge. Les instances européennes et mondiales travaillent déjà avec leur groupe d’arbitres. Au mieux, ce sera en 2024. D’abord, il faut intégrer la catégorie Élite puis livrer de bonnes prestations pour monter dans le ranking (classement).
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