agriculture

  • Tinlot: "la lente agonie" des petits agriculteurs, un témoignage de chez nous à Liège-matin

    Ramelot: André Hosay (50 ans), agriculteur en survie

    Lait, céréales, pommes de terre. Les prix ne cessent de chuter. Le monde agricole doit faire face à une nouvelle crise. Aux incertitudes du marché , se sont ajoutés l'embargo russe, la surproduction et la spéculation. Les petits producteurs travaillent quasi à perte. C'est le cas d'André Hosay, un modeste agriculteur de Ramelot dans le Condroz liégeois.

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    L'exploitation est modeste: 25 hectares essentiellement destinés à laisser paître des vaches laitières (Ph. AL)

    Ancien soudeur, André Hosay, 50 ans, a repris la ferme familiale au décès de son père il y a 27 ans. L'exploitation est modeste: 25 hectares essentiellement  destinés à laisser paître des vaches laitières. Le lait, principale source de revenu pour cet agriculteur, ne vaut à nouveau plus grand chose. L'embargo russe a une nouvelle fois fait dégringoler les prix : "on nous dit qu'avec la crise ukrainienne , on va nous acheter notre lait à 25 centimes le litre. Ça veut dire que l'on travaille à perte! Il nous faudrait entre 35 et 40 centimes pour bien faire. Et puis, il y a aussi l'incertitude pour l'année prochaine avec la fin des quotas laitiers." André a bien tenté de se diversifier. IL a des pommiers et des poiriers mais avec le même embargo, il est contraint d'écouler sa production sous forme de jus, ce qui est nettement moins rentable. "On essaye chaque fois de se diversifier mais ce n'est pas facile. L'année dernière par exemple l'épeautre se vendait très bien mais cette année les prix sont au plus bas. Le froment est en baisse aussi."

    Veaux euthanasiés, pommes de terre sur les champs

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    On fait inséminer une bête pour 50 à 60€, et on vous donne 40€ pour un veau de 14 jours.

    Il y a quelques années, André Hosay parvenait encore à vendre ses jeunes veaux mâles noirs. Aujourd'hui, de ce côté là aussi, rien ne va plus "quand on fait inséminer une bête pour 50 à 60 euros et qu'on vous donne 40 euros pour un jeune veau de 14 jours, comment voulez vous qu'on fasse? On perd ou alors il faut les euthanasier, certains le font d'ailleurs." André Hosay ne cultive pas la pomme de terre si ce n'est pour sa consommation personnelle mais ses collègues lui disent qu'arracher des patates coûte plus cher que de les laisser sur les champs. La tonne de pommes de terre se négocie 15 euros au marché libre alors qu'il y a un an, elle était à plus de 120 euros. A quoi bon mettre du carburant dans son tracteur pour perdre des sous. Les entreprises transformatrices ne suivent plus, elles tournent à plein rendement: "on n'avait jamais vu cela", explique Wim Roels de la société Roels (éplucheur et conditionnement de pommes de terre) à Barchon," nous on ne dit pas qu'il ne faut pas récolter mais ...on n'accepte plus de nouveaux producteurs et beaucoup viennent pourtant se présenter chez nous."

    Quand on parle d'avenir à André Hosay, il sourit tristement. Il n'en voit pas pour les petits agriculteurs: "on nous dit d'investir, d'agrandir mais les terrains , ils ont été rachetés par de gros industriels qui les relouent bien chers. Et puis quand on fait les investissements et que l'année d'après  les prix chutent, comment rembourse-t-on? Moi, la ferme m'appartient. Je n'investit plus car je n'ai pas d'enfants pour reprendre la ferme après. Je bricole quand il y a des pannes. Je ne dois rien à personne mais je ne vis pas, je survis, c'est tout... Que faire? Puiser dans les réserves jusqu'à la faillite ou changer de métier...mais je connais des agriculteurs, un notamment ici un peu plus loin, qui n'en peut plus, il pense au suicide...il en a ras le bol!".
    Françoise Dubois

     

    agriculture,ramelot,hosay

    André (un de mes voisins), était content d'avoir pu s'exprimer ainsi sur les ondes, " les gens ne se rendent pas compte de ce qui se passe et on a beau le dire depuis des années, cela continue d'empirer et pas seulement pour moi". Dimanche dernier, il a participé, dans un village voisin (A les Avins), à la journée "Nourrir l'humanité?  Quel avenir pour la ruralité et pour notre nourriture ?  Un espace de parole qui l'a  conforté  dans son indignation, car beaucoup vivent la même réalité et cherchent à ne  pas laisser tomber les bras.

    Voir l'article en ligne sur vivacité: http://www.rtbf.be/info/regions/detail_ramelot-andre-hosay-50-ans-agriculteur-en-survie?id=8377156 et le journal complet de 8H30 Liège-matin

    Cliquez ci-dessous pour écouter le passage à Liège matin le mardi 14 octobre (1'46")

  • "Nourrir l'humanité, c'est un métier" dimanche 12 octobre

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  • Nandrin: les jeunes agriculteurs inquiets pour la survie de leur métier

    Les jeunes agriculteurs ont crié leur inquiétude, à Nandrin. GB
    Les jeunes agriculteurs ont crié leur inquiétude, à Nandrin. GB
    La fédération des jeunes agriculteurs (F.J.A.) a dénoncé, ce lundi à Nandrin, le manque de renouvellement au sein de la profession. Ainsi, moins de 5% des agriculteurs wallons ont moins de 35 ans. Lorsque dix agriculteurs partent à la pension, seules deux exploitations sur dix sont reprises. “Ceci implique un phénomène de diminution du nombre des exploitations”, explique Grégory Etienne, le secrétaire général de la F.J.A. Inquiétant. Voir l'article complet en ligne
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