dépannage électricité

  • Tinlot. Denis Craisse, un métier méconnu: la gestion de notre alimentation en électricité.

    Un mois après les coupures d’électricité du 15 janvier 2016, le dernier groupe électrogène était retiré à Villers-aux-Tours (Anthisnes) et jusqu'au 15 mars, les ménages victimes de pannes de courant d'au moins 6 heures, peuvent encore introduire une demande d'indemnisation (voir l'article sur ce blog).
    Cela démontre l'importance des dégradations subies lors des intempéries du mois de janvier 2016 et des travaux nécessaires pour assurer un retour à la normale.

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    Tinlot a été relativement épargné, à l'exception des rues alimentées par Nandrin, comme ici à Scry. Dans l'arrondissement 30.000 foyers ont été privés d'électricité à des degrés divers.

    Un mois particulier dont se souviendront les hommes qui sont chargés de notre alimentation en électricité.
    Alors qu’ils interviennent  jour et nuit en toute circonstance au service de la population, ces techniciens exercent un métier moins connu du public. C’est donc  l’occasion de découvrir leur travail dont nous avons mesuré toute  l’importance lors des coupures de courant plus ou moins longues que nous avons connues.
    Parmi ces travailleurs, le Tinlotois Denis Craisse (photo), sous-chef de réseau chez Resa était de garde avec son équipe le 15 janvier dernier.

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    RESA et ORES, les 2 gestionnaires de notre réseau dans notre région.
    Anthisnes, Nandrin, Modave, Marchin, dépendent de RESA alors que Tinlot dépend d’ORES. Certaines rues à Tinlot dépendent d’Ores mais sont exploitées par RESA (rue Sous-Haies, rue Bouhaie et rue d’Houchenée).
    Chez RESA, pour la province de Liège,  4 équipes de 4 personnes  assurent une semaine de garde (jour et nuit), à tour de rôle, pour toutes les pannes et les interventions à réaliser. Ils ont en charge le réseau de moyenne tension de 15.000 à 70.000 volts. Leur rôle est de localiser la panne et de ré-alimenter la clientèle le plus vite possible.
    Une fois le problème identifié, la zone circonscrite est déconnectée et le courant rétabli en mettant en place d’autres connexions. L’équipe de garde fait appel à d’autres équipes qui prendront alors le relais pour les réparations nécessaires ou un dépannage provisoire avec, par exemple, le placement de groupes électrogènes.

    capture ecran 2016-01-19 à 18.41.39.jpgOn n’a pas le droit à l’erreur !
    "Ces manipulations peuvent évidemment s’avérer extrêmement dangereuses et une fausse manoeuvre n’est pas imaginable. C’est une lourde responsabilité et c’est pourquoi nous travaillons toujours à deux" commente Denis Craisse. "En dehors de ces situations, nous intervenons pour la maintenance, l’entretien et l’amélioration du réseau pour lequel 200 travailleurs sont à pied d’oeuvre sur tout le réseau. Par exemple actuellement dans la vallée du Hoyoux, nous avons un gros chantier de pose de câbles (11 kms). Cette pose de câble souterraine permettra le démontage de lignes aériennes qui sont sensibles aux intempéries".

    Les conditions exceptionnelles du vendredi 15 janvier.
    "Le vendredi 15 janvier, à 7h du matin, j’ai été appelé pour une panne classique à Marchin, mais je me suis vite rendu compte de l’ampleur de la catastrophe qui nous attendait et 120 ouvriers ont directement été rappelés d’urgence. Une grosse quantité de neige (jusqu’à 30 cm) était tombée très rapidement en fin de nuit. Il s’agissait d’une neige très lourde, composée de larges flocons mouillés  qui  se sont accumulés sur les lignes gelées formant une gaine de 10 à 15 cm autour de celles-ci. Elles ont alors lâché ou ce sont les poteaux qui se sont couchés ou se sont brisés. Dans les endroits boisés, ce sont les branches qui se sont abattues sur les lignes. Le phénomène est par contre très localisé dans un couloir allant d’Anthisnes à Marchin en passant par Nandrin et la même chose en Hesbaye où les lignes sont encore plus exposées au vent. Par contre, pas un flocon à Blegny, de l’autre côté de Liège.
    Sur ma zone j’ai compté ainsi une vingtaine de poteaux couchés ou cassés. Concernant Villers-aux-Tours (Anthisnes), c’est un support haute tension, en plein champ, qui était penché, mais avec un accès impossible pour les engins à cause de la boue durant toute la semaine qui a suivi. À Nandrin, 3 poteaux en béton étaient couchés en plein champ et nécessitaient une nouvelle pose de câble, impossible elle aussi immédiatement. Dans ces situations, nous plaçons alors des groupes électrogènes. 50 groupes ont été ainsi acheminés en dépannage en faisant appel au privé. En plus de Dutry Power, le gros fournisseur installé sur le zoning de Tinlot, des groupes sont venus en renfort de Bruxelles et de Bruges.
    À partir de ce vendredi nous avons presté 17h par jour les 3 premières journées  car il est impossible de réparer la nuit.capture ecran 2016-01-19 à 18.40.45.jpg
    Les JT de RTL ont consacré une séquence sur le travail de dépannage mais le lien n'est plus disponible.

    L’importance de la communication
    Nous sommes évidemment en première ligne avec les riverains et les autorités qui gèrent ces situations d’urgence.
    Sur le terrain, la communication s’est bien organisée avec tous les autres services,  pompiers, police, et les différents responsables communaux. Du côté des habitants, 95% des gens sont compréhensifs à condition d’expliquer la situation et d’expliquer ce que nous faisons. Ce sont surtout les problèmes relatifs aux congélateurs, aux téléphones, aux GSM, au chauffage qui sont inquiétants. Mais derrière toutes les questions, c’est la brutale prise de conscience du bien-être auquel nous sommes habitués qui remonte à la surface.
    Les conséquences de l’absence d'électricité sont multiples et souvent inimaginables et les gens sont pris de cours après quelques minutes et surtout la nuit dans le froid et la neige ! Quant au réseau, on n’imagine pas la densité et l’importance du travail quotidien réalisé sur l’ensemble du territoire. 30.000 foyers ont été touchés et en 3 jours pratiquement tout le monde a été reconnecté, même provisoirement. Du côté des citoyens c’est encore de trop, mais du côté des dépanneurs, le maximum a vraiment été fait. Bien sûr, d’autres problèmes se sont posés sur la communication dans l’urgence entre les institutions et la population. Il faut évaluer et améliorer ce qui doit l’être. C’est un autre débat important.

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    1,3 panne par jour en moyenne

    Cela peut se reproduire ?
    Les intempéries de ce type (orage, tempêtes, neige) et surtout leur intensité sont imprévisibles. En moyenne, nous gérons par jour 1,3 panne due surtout à l’accrochage de câbles sur des chantiers publics ou privés. La situation rencontrée le 15 janvier ne peut se produire en ville où le réseau est de plus en plus enterré. Là, par contre, avec la vétusté, ce sont les  câbles qui explosent en souterrain et on remplace au fur et à mesure les tronçons  qui commencent à poser problème. À la campagne, l’entretien et l’élagage sont un travail permanent de maintenance.

    Un métier passionnant
    Denis Craisse décrit son métier comme « passionnant, à risque, à responsabilité. Il faut mener des hommes, et en permanence trouver une solution à toute panne. En parallèle à la gestion matérielle du réseau, il faut également en assurer la gestion administrative. Et comme il est en évolution permanente, il faut tenir les banques de données à jour ainsi que les plans ».

    capture ecran 2016-03-03 à 16.43.53.jpgRamelotois et conseiller communal
    Originaire de Neupré, Denis Craisse habite Ramelot depuis 20 avec son épouse Nadia et leur fils Yannis.
    Très actif dans le comité du village de Ramelot, il est de plus un bout en train très apprécié dans toutes les fêtes communales.
    Conseiller communal à Tinlot depuis 2012, Denis est principalement attaché au sport, à la culture et à la sécurité.