géothermie

  • Énergies alternatives: un bel exemple d’utilisation de la géothermie à Seny chez un particulier

    Depuis sa formation en 2009, le collectif "Tinlot Energies Vertes" (TEV) relève le peu de recherches et de projets en matière de géothermie pour la production d’énergie et le presque monopole laissé aux projets éoliens qui asphyxient les projets du type biomasse. Les débats suscités dans nos villages ont également démontré qu’ils ne sont pas si écologiques que l'on voudrait bien le faire croire.

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    L’arrivée d’engins de forage à Seny, cette semaine chez un particulier, n’a pas échappé à la vigilance et à l’intérêt d’un des membres de ce groupe, Daniel Bertaux, qui n’a pas hésité à contacter le propriétaire et à nous communiquer ce compte-rendu bien instructif.
    Il s’agit en fait de travaux de forages géothermiques destinés à l'alimentation d'une pompe à chaleur. C'est donc à Seny, au lieu d'habitation de la famille de Philippe Bols (phbo@outlook.com) que l'on peut voir un exemple remarquable d'extraction de la chaleur du sous-sol (géothermie) en vue de la production d'eau chaude et du chauffage d'une maison individuelle.

    Le projet consiste en la réalisation de deux forages de 150 mm de diamètre et de 90 mètres de profondeur dans lesquels seront placées deux sondes géothermiques par puits. Ces sondes sont couplées elles-mêmes à une pompe à chaleur installée dans l'habitation.
    En s'écoulant dans les sondes jusqu'au fond des puits et en remontant ensuite au niveau de la maison, le fluide caloporteur capte la chaleur du sol et vient la  libérer dans la pompe à chaleur. Celle-ci la distribue ensuite dans la maison.
    L'ensemble s'effectue totalement en circuits fermés, sans contacts directs avec l’environnement, sans aucun rejet et sans aucune nuisance sonore ni visuelle.

    Le forage qui a débuté ce lundi est prévu pour une durée de trois à quatre jours. Il est réalisé par la société Moors-Ecoforage de Marche-en-Famenne. Le maître d’œuvre du projet est la société Geo-Therm de Rochefort. Après la pose des sondes dans chacun des deux puits de 150 mm de diamètre, cette société comblera les vides sur les 80 mètres de hauteur puis procèdera au couplage avec la pompe à chaleur et à la mise en service de l'installation.     
    La pompe à chaleur a un "coefficient de performance nominal" de 4,7 ce qui signifie que 1 kw d'électricité consommée par la pompe peut fournir jusqu'à 4,7 fois son équivalent en énergie thermique captée dans le sol.

    Ce type d'installation existe, mais bien trop rarement, à des échelles plus grandes en vue de fournir chauffage et eau chaude à des collectivités. Dans le Hainaut de grands projets de géothermie ont vu le jour ou sont à l'étude, mais alors sur base d'un concept différent puisqu'il s'agit de faire remonter l'eau à 120°C trouvés à 5000 mètres de profondeur pour alimenter chaudières et turbines.

    Et le coût?
    Cet investissement se décompose en deux parties: L’échangeur et son coût de fonctionnement. Le forage et le coût de circulation du fluide. 

    Le coût de l’échangeur correspond au prix d'une chaudière classique de bonne qualité.
    L'amortissement du poste « forage » se fait sur plusieurs années (+ /- 8 ans dans ce cas) et correspond à une consommation de mazout normale sur cette période.

    Aucun soutien des pouvoirs publics actuellement !
    Malheureusement rien n'est encore prévu pour faciliter ce type de projet :
    Pas de permis spécifique : Le permis unique est celui que nécessite une exploitation industrielle.
    Et pas encore (?) d’aide financière adaptée.
    Pourtant l’Etat est gagnant: pas d’émission de CO² (sauf la production d’électricité nécessaire au fonctionnement de la pompe de circulation du fluide caloporteur), pas de dépendance énergétique et une production locale (ni transport, ni stockage), pas de risque de pollution, …
    Mais tout cela est un autre débat… Heureusement, il a des toujours des pionniers qui montrent la voie à suivre.

    Souhaitons que ce bel exemple senytois d'un choix écologique responsable fasse école et suscite la réflexion chez tous nos responsables politiques.
    Ph.B, D.B, A.L.