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  • Le service d'aide à la jeunesse (SAJ) de Huy dans l'impossibilité de remplir ses missions auprès des enfants et des familles. Une Fraituroise témoigne

    Lors de la présentation de la Zone de Police du Condroz aux conseillers Tinlotois mercredi soir (voir article ci-dessous), le Chef de corps a pointé dans les priorités de la zone la recrudescence des faits de moeurs au sein des familles et particulièrement au niveau des jeunes.
    L'actualité fait que les travailleurs des Services d'aide à la Jeunesse et des Services de Protection Judiciaire,
    de leur côté, tirent aussi la sonnette d'alarme .
    Christine Jacquemart, de Fraiture, est criminologue et travaille depuis 8 ans comme déléguée au SAJ de Huy. Elle témoigne des problèmes rencontrés et d'un métier méconnu pourtant crucial aujourd'hui.

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    L'entrée du SAJ de Huy se situe Avenue du Condroz (dans le bas des Longs Tiers juste avant le rond-point).

    "Derrière les portes du SAJ de Huy vous croiserez des intervenants aux personnalités différentes mais tous unis autour d’un engagement commun : apporter une aide spécialisée aux jeunes de 0 à 18 ans et leurs familles lorsque ceux-ci se trouvent en grande difficulté ou en situation de danger.

    Les problématiques qui viennent à nous sont multiples : maltraitance, troubles du comportement chez l’enfant, violences conjugales, négligences, troubles psychologiques chez le parent, abus sexuel, parents dépassés, toxicomanie….

    L’évolution de notre société provoque une augmentation de la précarité et de l’instabilité au sein des familles. Les premières personnes touchées par ces changements sont les familles dont nous avons la charge.

    Notre première mission est d’être à l’écoute des demandes qui viennent à nous (parents, adolescents, écoles, familiers, intervenants sociaux…) et de faire une analyse de la situation. Nous orientons, si possible, vers des services de premières lignes qui peuvent répondre à leur demande (C.P.A.S., A.M.O, Centre de guidance, CPMS,…).

    Si l’aide spécialisée est nécessaire en raison de la gravité des inquiétudes (ex : maltraitance) ou si les aides précédentes n’ont pas permis d’améliorer la situation, nous proposons l’ouverture d’un dossier au SAJ.

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    Photos Christine jacquemart (en bas,à gauche). Les travailleurs du SAJ devant le  cabinet de la Ministre à Bruxelles

    Le nombre croissant de demandes d’aide se heurte aux listes d’attente des services qui doivent intervenir auprès des familles. Ce constat nous préoccupe puisque dans ce cas, les situations difficiles s’aggravent et nécessitent alors des mesures plus conséquentes, comme un placement.

    Nous pourrions nous décourager mais « ce n’est pas le genre de la maison ». Au contraire, nous assumons nos responsabilités et nous nous unissons avec l’ensemble de nos collègues des SAJ/SPJ pour interpeller la Ministre de l’Aide à la Jeunesse, Mme Évelyne Huytebroeck et le Ministre de la Fonction Publique, Mr Jean-Marc Nollet. Nous ne demandons pas d’augmentation de salaire mais plus de moyens humains et l’augmentation des possibilités de prises en charge des familles par les services adéquats.

    Pour rappel, 90% des situations font l’objet d’une aide au sein de la famille. Pour les 10% qui concernent une mesure de placement, il s’agit de situations graves où l’éloignement de l’enfant est nécessaire afin de garantir sa sécurité, voire même sa survie.

    Notre objectif reste toujours de permettre à chaque enfant de grandir dans des conditions de vie acceptables et soutenir les parents dans leur rôle éducatif. C’est la raison pour laquelle nous avons besoin de soutien pour nous permettre la poursuite de nos missions.

    Depuis la mise en place des SAJ et des SPJ (Service de Protection Judiciaire) institués par le décret relatif à l’Aide à la jeunesse en 1992, c’est la première fois que nous nous mobilisons de la sorte afin de faire part de notre impossibilité à remplir nos missions auprès des enfants, adolescents et de leurs parents."

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    "En grève car les enfants sont en danger" ! Voir aussi l'article d'Aurélie Bouchat (La Meuse en ligne)
    En 2013, le service de protection judiciaire de Huy a traité 312 dossiers contre 220 en 2012 avec le même nombre de personnes, soit 80 jeunes par agent!  La grève se poursuit au moins jusqu'au prochain contact avec la ministre, le mardi 4 février prochain.