Le confinement booste les divorces en 2020 : + 15 % ! (19/12/2020)

Capture d’écran 2020-12-14 à 09.45.36.pngOn le pressentait : que ce soit au niveau des notaires ou des tribunaux, une hausse des divorces s’était fait ressentir après le premier confinement.
Mais une augmentation des dossiers de divorce après le confinement pouvait être simplement due à un effet de rattrapage de l’arrêt des procédures pendant le confinement. Il fallait donc attendre quelques mois pour vérifier s’il y avait eu ou non un réel impact du confinement, chiffres à l’appui.
D’autant qu’il faut attendre en général au minimum trois mois pour qu’une décision de divorce ne soit officiellement actée dans le registre de l’état civil. Et donc prise en compte. « Pour les divorces par consentement mutuel, il faut compter entre 4 et 6 mois », indique le notaire Sylvain Bavier.
« Pour les désunions irrémédiables, cela va un peu plus vite. Je dirais trois mois. »
Nous avons aujourd’hui suffisamment de recul pour faire un premier état des lieux. Sur les 10 premiers mois de l’année, le registre de l’état civil a enregistré 26.156 divorces sur l’ensemble du pays. L’an dernier, sur la même période, ce chiffre était de 22.735.
L’augmentation pour 2020 est donc déjà de 15 % ! Seuls les mois d’avril, mai et juillet enregistrent une diminution. Le mois de juin, avec 4.561 divorces enregistrés est un record absolu : + 68 % par rapport à 2019. C’est au cours de ce mois que l’on voit clairement l’effet de rattrapage.
Bien sûr, le bilan de l’année peut encore évoluer. Mais pour atteindre le statu quo, il faudrait qu’il y ait moins de 2.378 divorces enregistrés au cours des mois de novembre et décembre. Or, que ce soit en septembre ou en octobre, nous étions à plus de 3.000 par mois ! Cela semble donc compromis…

Pas de couple type
Pour Me Sylvain Bavier, plusieurs facteurs peuvent jouer. « Il y a tout d’abord les couples chez qui la situation n’était déjà pas optimale. Dans ce cas, le confinement peut avoir exacerbé les choses. Il y a aussi des couples qui se rendent compte qu’en vivant ensemble au quotidien, ils n’ont plus grand-chose à se dire. Et puis, dans une moindre mesure, certains partenaires se sont rendu compte de l’existence d’une tierce personne pendant le confinement… »
Dans les dossiers qu’il a traités, il a pu se rendre compte que la problématique touchait « étrangement » un peu tout le monde, des plus jeunes aux plus vieux, des mariages récents aux mariages de longue durée. Il n’y a donc selon lui pas lieu de faire de généralité.
Le deuxième confinement étant moins strict, le notaire s’attend à ce que l’impact soit plus limité. « On peut espérer ne pas connaître la même hausse, le télétravail était un peu moins présent et les possibilités de sortie étant plus grandes. Mais on observe toujours un certain nombre de dossiers de divorce dans les études notariales. » Cela devra se confirmer au cours des prochains mois mais une augmentation, en 2021, n’est donc pas non plus forcément à exclure.

La Meuse

03:21 Écrit par louviaux | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer |  Facebook | | |