Le Tumulus de Ramelot. Petite histoire de la chaussée Romaine et des tumuli condruziens

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19737263.jpgBulletin de l'association sans but lucratif
"Patrimoine du Pays de Nandrin" (PPNa)

Voir l'autre Tilleul de Ramelot classé en 1973, âgé de 325 ans et situé dans le carrefour du Monument.

Le Tumulus de Ramelot est sur le chemin de remenbrement à 100m de la route de Ramelot vers Terwagne.

Lorsque la Gaule fut irrévocablement sous le joug des Romains, ces derniers s'occupèrent à fermer les blessures faites par leurs guerres victorieuses. Ils eurent des égards particuliers pour les Belges, dont ils admiraient le courage. Les peuplades belges conservèrent leurs territoires ainsi que la forme essentielle de leur gouvernement. Seul, le service militaire leur fut imposé, pour servir de renfort aux armées romaines. Des routes (chaussées romaines) militaires ou autres d'importance moindre, nommées "diverticules" furent construites dans tout le pays. Un service de postes fut établi entre Rome et les provinces.
Au sud de la Meuse, la partie la plus peuplée était le Condroz.
Le sol condruzien fut d'ailleurs couvert de villas (fermes) dont
on découvre partout les débris. Une voie romaine reliant Tongres
à Ombret (Umbra culum) où elle traversait la Meuse au lieu-dit
"Ponthière" et gagnait Outrelouxhe, Strée (Strata), Ramelot,
Terwagne, Clavier, Bonsin, etc. Sur cette distance de vingt kilomètres
environ, la route est coupée de huit diverticules reliant, les unes aux
autres, comme aux rives de la Meuse et de l'Ourthe, toute une suite
de villas sises non loin l'une de l'autre.
Dans ce seul quadrilatère condrusien, on a compté vingt villas
en même temps qu'on a relevé huit "tumuli" (tombes romaines). On
peut voir encore trois tumuli à Ramelot, Tinlot et à Sohet.
Une autre voie romaine reliant Reims à Cologne traversait
tout le Condroz et venait aboutir à l'Ourthe, en dessous du village
de Poulseur. Cette voie passait par la région namuroise et gagnait
les villages de Bois-Borsu, Ocquier, Atrin, Pair, Warzée, Ellemelle,
Xhos, Hody, Vien, Anthisnes, Poulseur où elle traversait l'Ourthe.
Notons aussi la "Vihe Vôye di Hu" reliant Huy à Hamoir et coupant
la chaussée au village de Warzée. Notons aussi deux sentiers marqués
par de larges dalles de grès reliant le village de Seny à Ellemelle d'une
part, et à Warzée d'autre part, et donnant ainsi double communication
avec la grande chaussée (de Bavai à Cologne). Une assez riche tombe
gallo-romaine, formée de dalles de grès, a été découverte à Seny (cf.
l'Ardenne belgo-romaine par J. E. Demarteau).
Des colonies romaines s'établirent au Condroz comme ailleurs,
dans le but de façonner les Belges aux lois et autres moeurs romaines,
et aussi, pour exploiter les richesses du sol. Une de ces colonies
s'établit à Vervoz (commune de Clavier) (Vervigium), où l'on a
découvert, il y a environ quarante ans, quantité de débris de pierres
travaillées et nonante-huit pièces de monnaie d'Auguste-Arcadius11.
La plus belle pièce est un ornement funéraire consistant dans le buste
d'Atys, de style gréco-romain, prouvant une civilisation directement
apportée par Rome12.
On peut voir au musée archéologique de Liège, nombre d'urnes
découvertes dans les tombeaux ou caveaux de la villa de Vervoz.
L'ensemble des débris, au nombre de plus de cinq cents, représente
des formes humaines, des vêtements, des animaux, des sculptures,
ornements d'architecture. On a découvert cent cinquante fragments
de ce genre, chose qui donne à supposer qu'à côté de la villa, il y
avait un chantier où des praticiens taillaient la pierre calcaire (amenée
d'ailleurs) dans le but d'orner les villas que de riches propriétaires
romains faisaient élever dans ces parages (cf. J.E. Demarteau).
La villa romaine comprenait d'abord une vaste maison de maître,
pavée, en céramique, couverte de tuiles, probablement entourée d'une
galerie couverte et précédée d'un auvent. À l'intérieur, plusieurs
places, parmi lesquelles une salle de bain avec, en-dessous, dans
la cave, un hypocauste, ou calorifère, communiquant la chaleur au
rez-de-chaussée. À côté ou à proximité, des bâtiments d'exploitation,
hangars, granges, petits ateliers formant plusieurs cours. Voilà ce
qu'étaient les villas romaines du pays et de l'époque. La vue de ces
villas fut, pour les Belges, l'origine d'un progrès matériel sensible.
Les Belges apprirent des colons romains à mieux construire. Ils
apprirent également l'usage de la charrue, le perfectionnement des
pierres meulières, etc. L'infl uence romaine fi nit par se faire sentir au
point que, au moins dans la région wallonne actuelle, le langage et
les coutumes des habitants furent romanisés. C'est pourquoi, dans la
suite, les habitants furent appelés "belgo-romains".
Les établissements belgo-romains de Ciney eurent, sous
l'Empire, une importance assez considérable ! On y a découvert des
substructions romaines, des monnaies dont les dates sont du temps
d'Auguste13 à celui de Caracalla14, datant de l'an 14 à 217 de notre
ère. Un cimetière du IIe siècle y a été découvert, ainsi que divers
objets romains.
On a trouvé d'autres établissements belgo-romains à Huy, Flône,
Engis, Bas-Oha, Ombret, Flémalle, Hermalle-sous-Huy. Quantité
de médailles romaines ont été découvertes à Villers-aux-Tours. Une
de ces médailles portait l'effi gie de César-Auguste.
À Huy, on a trouvé des pièces de monnaie d'Antonin et d'autres
empereurs. Idem à Bas-Oha et à Modave. À Ben-Ahin, à Seny,
une tombe romaine. Des vestiges d'installation romaine ont été mis
au jour à Les Avins, Bois-Borsu, Anthisnes, Hody, Vyle, Modave,
Tinlot, Warzée, etc.

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