Scry: toute la famille Noël et leurs proches durement éprouvés après le dramatique accident à la poudrerie PB. Patrice Ramackers est toujours dans le coma

Patrice Ramackers, l’ouvrier de production grièvement blessé mardi dans l’incendie à la poudrerie PB Clermont d’Engis , est toujours plongé dans le coma. Brûlé à 65 %, l’homme est couvert de pansements et isolé dans une chambre stérile au CHU de Liège. Très actif dans le comité des fêtes de Scry (Tinlot) et de Hermalle-sous-Huy, l’Engissois a préparé la chasse aux œufs de lundi prochain. Ses beaux-parents témoignent. (Article d'Annick Govaers La Meuse 28/3)

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Bien connus à Scry, Patrice et Jocelyne organisent notamment le barbecue géant, la fête locale et la distribution des cocognes qui a d’ailleurs lieu lundi prochain.

La famille Noël est très connue à Tinlot. Depuis des années, elle s’implique dans diverses activités villageoises, comme le comité des fêtes de Scry. «J’y ai oeuvré pendant 57 ans. Ma fille et son mari, Patrice, me donnait un coup de main. Pour finir, c’est Patrice qui a repris le flambeau», raconte Roger Noël, 76 ans, le beau-père de l’ouvrier blessé. L’Engissois organise notamment le barbecue géant, la fête locale et la distribution des cocognes qui a d’ailleurs lieu lundi prochain.

Voilà plus de vingt-cinq ans que Patrice Ramackers travaille à la poudrerie Clermont, à Engis. Une usine où son beau-père, Roger Noël, a fait carrière, lui aussi (de 1974 à 1992). «J’étais délégué syndical FGTB. J’avais recommandé mon beau-fils à l’époque.» L’accident de mardi a réveillé de très mauvais souvenirs. «J’ai assisté à plusieurs accidents graves à PB Clermont et j’ai vu deux collègues mourir à la suite d’un incendie. Plus un qui a été blessé mortellement en coupant un tuyau au chalumeau où il restait un peu de poudre. Je leur ai même parlé avant qu’ils ne décèdent... Ils disaient qu’ils allaient s’en sortir, tout comme Patrice... Je n’aime pas trop parler de cela.»

Capture d’écran 2013-03-28 à 10.46.10.jpegRoger est encore affecté par ces visions. «Sur le coup, on est choqué. Le pire, c’est après... Je ne dormais plus la nuit. L’accident de Patrice fait remonter toutes ces émotions. Je m’inquiète beaucoup pour mon beau-fils.» «Roger ne mange plus depuis l’annonce de l’accident», glisse sa femme, Clairette, 69 ans.
Tacitement, Patrice et Roger ne parlent jamais de l’entreprise ni de ce qui s’y passe. Tous deux ont pourtant travaillé dans le même secteur : celui de la voie sèche. Malgré les événements tragiques qu’il y a connus, Roger ne remet pas en question la sécurité de PBC.
«Cette usine n’est pas plus dangereuse qu’une autre, à condition de faire attention. Je ne regrette pas d’y avoir travaillé. Je n’ai jamais été blessé mais on se met dans le danger en allant là, on le sait tous.
(Photo Th.B)

Tacitement, Patrice et Roger ne parlent jamais de l’entreprise ni de ce qui s’y passe. Tous deux ont pourtant travaillé dans le même secteur : celui de la voie sèche. Malgré les événements tragiques qu’il y a connus, Roger ne remet pas en question la sécurité de PBC.  Néanmoins, la sécurité est omniprésente sur le site », confie le Tinlotois. Leur beau-fils a déjà été blessé plusieurs fois : «brûlé à un bras, deux pieds cassés, il a aussi sauté d’un clark en feu... » Patrice travaille toujours la nuit, avec une dizaine de collègues, comme la nuit du drame.
L’Engissois se trouve actuellement au centre des grands brûlés du CHU de Liège, toujoursndans le coma. Il serait brûlé à 65 % et ses poumons seraient atteints. «Sa vie ne tient qu’à un fil, nous ont dit les médecins... » Très proche de sa belle-famille, Patrice Ramackers (48) vit à Engis, avec sa femme. Il a une fille de 27 ans, Cindy. Et est l’heureux grand-père d’Abygaelle, 3 ans. «Sa femme (ma fille) pleure beaucoup. Elle est allée le voir auCHU, moi-même je n’en ai pas la

force... Il est dans une chambre stérile, on le voit à travers une vitre. Elle me dit qu’on dirait une momie, avec tous ses pansements. On ne voit que son nez qui dépasse », décrit Clairette, les larmes aux yeux. «Quant à la petite, sa maman lui a expliqué la situation le plus simplement possible. Abygaelle dessine sur son ardoise le chemin de l’hôpital... », enchaîne Roger, tout aussi ému. l
Au nom des lecteurs, nous témoignons à  Patrice et à toute la famille, notre profonde sympathie et nous les assurons de notre soutien. Courage!

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(AG LM 28/3)

 

 


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