Tinlot: «Avant mon handicap, je ne pouvais pas faire de karaté» Portrait et vidéos

La Tinlotoise Virginie Delrez (42 ans) est championne internationale de handi-karaté
Atteinte d’une maladie congénitale, Virginie Delrez rêvait de pratiquer en art martial mais, valide, s’en trouvait empêchée. Aujourd’hui en chaise roulante, la Tinlotoise a découvert le handi-karaté, un sport qui lui permet de se dépenser et de vivre sa passion à 100 %. En à peine deux ans de pratique, elle est ceinture marron et a décroché, l’année passée, la médaille de bronze au Japon, lors d’un championnat international de handi-karaté. (Annick Govaers dans la Meuse du 27/4)

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Voir la vidéo sudpresse de démonstration de self défense au

CNRF de Fraiture en Condroz (cliquez ici ou sur l'image)

Passionnée. C’est l’adjectif qui qualifie le mieux Virginie Delrez, Tinlotoise de 42 ans. Chez elle et dans différents clubs de la région, elle s’entraîne tous les jours. Et elle en a fait du chemin, elle qui apprenait les rudiments du karaté il y a deux ans à peine. Aujourd’hui, Virginie remportetitre sur titre : à deux reprises, elle a gagné le championnat francophone handi-karaté de Belgique, elle a terminé troisième au championnat international du Japon en 2012 et sixième à celui de Dubaï en janvier dernier.

Atteinte d’une maladie congénitale, Virginie est restée valide jusqu’à l’âge de 18 ans. «J’ai toujoursfait du sport : du cheval pendant dix ans, plusieurs stages ADEPS… Mais ce que je voulais vraiment, c’était pratiquer un art martial car tous mes proches faisaient du judo et, moi, je ne pouvais pas car, avec ma maladie, je ne pouvais pas recevoir des coups et tomber sur le dos », nous explique-t-elle.

Capture d’écran 2013-04-26 à 12.06.38.jpegLa vie n’a pas toujours souri à Virginie. «En 1989, j’ai été victime d’une erreur médicale qui a provoqué une tétraplégie. Depuis, je vis en chaise roulante et j’ai contracté une maladie orpheline dégénérative. Bref, je n’ai plus l’usage de mes jambes et je suis atteinte aux membres supérieurs, surtout à gauche », décrit-elle.

Malgré tous ces handicaps, la Tinlotoise a trouvé un équilibre. «À 40 ans, j’ai découvert par hasard le handikaraté, un artmartial adapté aux personnes handicapées. Et j’aivraiment accroché ! » Les bienfaits sont nombreux : «Je me sens bien dans ma tête, dans mon corps, je ressens une fatigue naturelle et tout cela fait que je peux diminuer la dose de mes médicaments.»

La Tinlotoise s’entraîne avec des valides («pour sortir un peu du monde de l’handicap ») mais, en compétition, se limite au « kata », une sorte de chorégraphie avec un adversaire imaginaire. «On utilise les gestes du combat (blocages, attaques). On nous cote sur la technique et la précision. »
ANNICK GOVAERS

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Attention: « Si on me blesse, je frappe là où ça fait mal
car je suis à la bonne hauteur... »

Virginie Delrez pratique également le self-défense contre des adversaires valides. «Je ne me bats que contre ceux du club que je connais, qui savent qu’il ne faut pas me toucher à la tête et au dos. Et ceux qui ne respectent pas... Je suis à bonne hauteur pour frapper où là ça fait mal ! », rigole-t-elle. Même si sa pratique ne part pas d’un sentiment d’insécurité, la Tinlotoise reconnaît avoir moins peur d’être agressée. «J’ai davantage d’assurrance en moi, je sais que je peux me défendre.
D’ailleurs, lors d’un stage, un participant valide (ceinture noire) m’a mise au défi de le mettre par terre : je l’ai renversé au sol et neutralisé, il était surpris ! » Virginie est sans cesse à la recherche de sponsors car les compétitions coûtent cher. «Le problème en Belgique, c’est qu’il n’y a pas de compétition handi-karaté au delà du championnat communautaire. Rien au niveau national, donc.
Le
pire, c’est que dans les championnats internationaux ou nationaux, tout est aux frais des personnes handicapées alors que les sportifs valides n’ont rien à payer... »

 

 

 

 

 

 

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