Tinlot - Crash à Charleroi, le témoignage du chauffeur

Mercredi passé, Frank, un employé de la société tinlotoise Lambert a perdu la vie alors qu’il travaillait sur l’E42. Son collègue, Mickaël de Tinlot a été légèrement brûlé. Patrick, le chauffeur responsable du drame, raconte à quel point il était au bord de l’épuisement au moment du crash ! « Je me suis assoupi. Pas longtemps. Peut-être deux secondes. J’ai ouvert les yeux. J’ai vu le camion de chantier. Trop tard. » Patrick ne peut éviter le choc. La collision est d’une effroyable violence. Plusieurs ouvriers sont touchés, dont un mortellement : Frank était dans sa 25e année. Dans les colonnes de nos confrères luxembourgeois « L’essentiel », Patrick revient sur les circonstances de l’accident. « Tout d’abord, mes pensées vont aux victimes et aux familles. J’ai brisé une vie. C’est très difficile à gérer. Comment voulez-vous encaisser cela ? Franchement, j’aurais préféré mourir à la place de Frank. Quant aux responsabilités de l’accident, Patrick n’y va pas avec le dos de la cuillère. « Je suis fautif à 100 %. Je me suis assoupi. J’avais roulé trop d’heures au cours des derniers jours. » Patrick raconte que, le mercredi, il avait respecté ses heures. « J’étais parti du Findel (aéroport du GD du Luxembourg) à 10h et j’ai fait une pause d’une demiheure après deux heures de route. »

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Suite à son inculpation après l’accident, les enquêteurs ont vérifié les 28 derniers jours de travail. Et c’est là que le bât blesse. « Lundi, j’avais trop travaillé et pas respecté les pauses légales. Je n’avais dormi que 5h30. On m’avait dit de le faire. C’est tout, c’est comme ça. Ce jour-là, j’ai relié Luxembourg- Bruxelles-Amiens-Roissy-Luxembourg. Résultat : en 24h, j’ai juste fait une pause de 6h30. C’est insuffisant.»
ROULER AVEC DEUX TACHYGRAPHES POUR ÉVITER L’AMENDE DE RETARD
Patrick a été victime du retard dans le planning. « Il y a eu 12h de retard au chargement. Lorsque j’ai reçu mon roadbook,je me suis aperçu que c’était infaisable. J’ai appelé le boss. Il m’a dit : « Fais le nécessaire ». Dans le milieu, « faire le nécessaire » signifie l’utilisation d’un deuxième tachygraphe comme si un second chauffeur était dans le camion. » Extrait de l'article de P.B. dans la Meuse du 7/8

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