Un "faux radar" qui porte ses fruits: 400 camions par jour, c'est terminé

Bien que le passage des camions à Racour (Lincent) ait diminué, la mobilisation continue. Un faux radar, le pistage des contrevenants et des contrôles policiers permettent désormais aux habitants du village de dormir sur leurs deux oreilles. Émile Moureau, initiateur du mouvement, reste malgré tout sur ses gardes.

Capture d’écran 2014-01-20 à 18.50.25.jpegCet homme, qui habite le village depuis plus de 65 ans, souhaite aussi agir contre la vitesse élevée des automobilistes : «Je ne suis pas censé agir comme un policier, mais je l’ai tout de même fait avec le soutien de la population. J’ai transmis tous les numéros d’immatriculation des camions en infraction pour les communiquer aux autorités. Au total, j’ai comptabilisé que plus de 400 poids lourds passaient toutes les 24 heures. »

Tous ces camions rejoignent le zoning industriel de Landen. «Ils empruntent le village de Racour pour éviter les contrôles aux sorties d’autoroute. Cela coûte moins cher aux entreprises de payer des contraventions parce que leurs camions roulent dans les villages, que d’être verbalisés pour fraude au tachygraphe ou pour non-respect des heures de sommeil ».

Capture d’écran 2014-01-20 à 18.52.51.jpegPlacé sur sa propriété, ce radar fictif clignote avant tout pour inciter les conducteurs à ralentir : «Après que leur véhicule a été flashé, des camionneurs sont déjà venus me proposer des enveloppes remplies de billets de 50 euros, afin que je retire le cliché. » Mais Émile Moureau n’est pas fâché sur les chauffeurs : «Ils font leur travail, j’en veux surtout à leur patron qui les oblige à passer par les petits villages. » Émile Moureau compte bien laisser fonctionner son radar factice : «Je n’ai reçu aucune plainte. Après une inspection commanditée par le ministre Di Antonio, mon radar n’a pas été jugé accidentogène. Je le change donc régulièrement de sens et je modifie la fréquence du flash. Les gens ralentissent et croient à un vrai radar. »
JULIEN MARIQUE  Article et photo de Julien Marique dans la Meuse du 17 janvier 2014.
LA RÉACTION DU BOURGMESTRE:
Yves Kinnard : « Je suis très satisfait des actions de police »

LA RÉACTION DU BOURGMESTRE

En raison de nombreuses plaintes formulées par les habitants de Racour, plusieurs mesures ont été prises pour lutter contre le transit des camions.
«La commune a pris contact avec les firmes de transport. Des contrôles plus fréquents ont aussi été réalisés par la police et j’en suis satisfait, car en découle une réduction significative du passage des camions. Les véhicules de plus de 7,5 tonnes sont maintenant interdits de traverser le village », explique le bourgmestre de Lincent, Yves Kinnard.
Une situation qui, comme le décrit Émile Moureau, peut comporter plusieurs exceptions : «Il y a une certaine clémence, notamment à l’égard des livreurs de mazout ou des agriculteurs par exemple, car on ne peut pas non plus les empêcher de travailler. Leur interdire le passage nous pénaliserait aussi en quelque sorte. » J.M.

Commentaires

  • N'est-ce pas là une forme de délation ? On a déjà connu cette pratique jadis avec les résultats que l'on sait !

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