TEC, une ligne express route du Condroz, 9 bourgmestres ont envoyé un courrier commun au TEC et au ministre de la Mobilité

Créer une ligne de bus express entre Marche et Liège qui dessert toutes les communes de la route du Condroz : voilà le souhait de neuf bourgmestres, de l’ULg et du CHU de Liège. Ils se sont réunis hier pour signer un courrier commun.
Rejoindre le Sart Tilman à partir de Nandrin n’est pas évident. Le circuit actuel comporte toujours une correspondance et peut durer plus d’une heure en dehors des heures de pointe. «Le réseau est éclaté. Il couvre pas mal de communes mais est assez lent. En dehors des plages scolaires bien desservies, le rythme est plus faible et il y a moins de passagers », analyse Jean-François Pecheur, directeur du GAL du Pays des Condruses, qui a réalisé une étude pilote avec le TEC et la SRWT en 2011 et 2012 sur la réorganisation de l’offre de transports en commun en milieu rural.
La volonté des communes situées le long de la route du Condroz (Nandrin, Tinlot, Clavier, Liège, Havelange, Neupré, Seraing, Somme-Leuze, Marche-en-Famenne) est de raccourcir le temps de trajet, en limitant les arrêts. «Il y aurait un arrêt par commune longeant la route du Condroz. On devrait pouvoir relier Liège de Marche en une heure environ. Cette ligne directe via la N63 n’existe pas actuellement», explique-t-il. Un vrai plus pour la clientèle professionnelle ou estudiantine devant se rendre dans les bassins scolaires et d’emplois de Liège, Seraing et de Marche-en-Famenne, ainsi que vers les pôles d’emplois plus ruraux (Nandrin, Tinlot, Neupré). «Ne mettre plus que 15-20 minutes pour rejoindre l’hôpital ou le campus à partir de Nandrin est une vraie alternative à la voiture », commente Michel Lemmens, bourgmestre de Nandrin. Une façon de désengorger la route du Condroz aux heures de pointe également. Tous sont demandeurs. «Le camp militaire de Marche voudrait depuis longtemps une liaison rapide vers Liège car beaucoup n’habitent pas la commune. Et nos étudiants doivent emprunter la ligne de l’Ourthe pour aller à l’unif, ce n’est pas idéal », pointe l’échevin marchois, Jean-François Pierard. «Pour les nombreux jeunes et membres du personnel condrusiens qui n’ont pas de voiture, c’est très compliqué et pénalisant. L’université souffre d’un manque d’attractivité », enchaîne Laurent Despy, administrateur de l’ULg. «Le constat vaut aussi pour le CHU. » «On sent vraiment le manque de transports en commun en cette période d’examens. Les parents doivent se débrouiller pour aller chercher leurs enfants à n’importe quelle heure de la journée. Un rapido bus les aiderait », ajoute Charlotte Tilman, échevine nandrinoise de la Mobilité à l’origine, avec le GAL, du front commun entre bourgmestres, ULg et CHU.
«L’union fait la force. Il faut montrer l’intérêt du politique », sourit-elle. Plusieurs mayeurs et/ou représentants s’étaient déplacés ce mercredi matin à Nandrin pour signer le courrier à envoyer au TEC, au futur ministre de la Mobilité et à la Société régionale wallonne du Transport (SRWT). «Le souci est que la ligne est à cheval sur deux TEC : Namur-Luxembourg et Liège-Verviers. La première est déjà partante. Reste à convaincre la deuxième. Même si elle reconnaît l’intérêt d’une telle ligne rapide, il faut trouver une enveloppe budgétaire», glisse Jean-François Pecheur.
Dans le meilleur des cas, le rapido bus devrait voir le jour dans les cinq ans. «Cela fait trente ans qu’on parle de ce projet ! Se regrouper pourrait faire bouger les choses. C’est ce qu’on espère. » Annick Govaers (La Meuse du 19 juin 2014)

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Neuf bourgmestres, l’ULg et le CHU de Liège se regroupent pour avoir plus de poids. A.G.
À NANDRIN, TINLOT
Deux parkings
La création d’une ligne directe Marche-Liège via la route du Condroz nécessite l’aménagement de parkings multimodaux. Deux d’entre eux devraient voir le jour à Nandrin et à Tinlot. La commune nandrinoise souhaite conclure un bail emphytéotique avec la friterie Marcel pour utiliser son parking (qui doublerait de surface). 90 places y seraient créées.
«La Province de Liège nous a accordé un subside 100.000 euros. Nous ajouterons peut-être une partie sur fonds propres », précise le bourgmestre, Michel Lemmens. Outre les emplacements pour voitures, il devrait y avoir un parking vélos et des bornes de rechargement pour voitures électriques. «Nous avons reçu les nouveaux plans. Le parking pourrait être prêt dans le courant de l’année. »
À Tinlot, le parking multimodal se situerait à la jonction entre la N63 et la Nationale 66 Huy-Hamoir, là où le pont devrait être remplacé par un grand rondpoint. La commune attend les budgets.

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« Les communes rurales entre les deux pôles que sont Liège et Marche en profiteront. » MONTAGE SUDPRESSE

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