Nandrin, Tinlot: un rond-point à l'Aldi?

« Prêtons l’argent à la Région » Michel Lemmens lance une idée innovante pour aménager rapidement deux ronds-points

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La route du Condroz est une route accidentogène et meurtrière. Le projet d’un rond-point au Monastère de Nandrin était acquis mais il a été reporté par la Région, faute de moyens. Pour accélérer sa concrétisation, le bourgmestre nandrinois a imaginé un montage financier : prêter l’argent à la Région wallonne, propriétaire de la chaussée, en attendant un financement

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Le bourgmestre nandrinois espère également  l’aménagement d’un giratoire à proximité de l’Aldi, une zone commerciale en plein développement (la surface de l’Aldi doublée, la création de nouvelles surfaces). On se trouve là sur la commune de Tinlot mais Nandrin estime subir les nuisances de la circulation, renvoyée rue sur les Haies. «Il y a beaucoup de tourne-à-gauche en venant de Liège, c’est un site difficile d’accès. Il serait dans l’intérêt de tout le monde de sécuriser cet endroit. » Il propose que les deux communes (Nandrin et Tinlot) discutent avec le promoteur pour que chacun mette la main à la poche pour créer ce fameux giratoire à l’Aldi. «À trois, on peut regrouper l’investissement nécessaire. Le promoteur est demandeur, c’est dans son intérêt aussi. »
L’argent communal avancé serait récupéré via les charges versées par les futurs promoteurs de la route du Condroz. «Quand on octroie des permis de bâtir, on a la possibilité de mettre des charges d’urbanisme à la société qui souhaite bâtir ou lotir. Ça peut être la création d’une voirie, des aménagements de sécurité, des radars préventifs comme à l’Intermarché, pourquoi pas un rondpoint? Les futurs investisseurs paieraient une partie de la sécurisation de la route du Condroz, ce qui est un peu normal. »  ANNICK GOVAERS

La Bourgmestre tinlotoise a eu vent de l’idée de Michel Lemmens mais attend des éclaircissements. «Je n’ai pas encore eu de contact réel et concret au sujet d’un éventuel rond-point à l’Aldi de Tinlot. C’est une proposition surprenante, normalement la démarche est inverse, ce ne sont pas les communes qui donnent de l’argent à la Région. Je ne comprends pas vraiment le principe, il faudra que nous en discutions autour d’une table. Pour le moment, je n’ai pas encore été invitée », commente Cilou Louviaux. Extraits de l'article d'Annick Govaers dans la Meuse du 18 mars.
Voir l'article sur le blog de Nandrin

Commentaires

  • Qu'on arrête toutes ces constructions anarchiques (privées et commerciales) et le problème sera réglé!

  • Le rond-point au carrefour Levooz n'est-il pas plus urgent ? L'espace est suffisant pour le réaliser à moindre coût comme ce fut le cas à la descente des 36 tournants à Engis !

  • Nandrin voudrait financer la Région : utopie ou propagande ?
    Bien qu'elle semble innovante au premier abord, l'idée lancée par le bourgmestre de Nandrin ce 18 mars 2015 dans le journal 'La Meuse' semble pour le moins 'précoce', au point qu'on pourrait l'assimiler à un canular du 1er avril.
    Il appartient cependant à chacun de rester dans le rôle qui est le sien. En effet :
    1. Le rôle des commerçants ne doit pas être le financement des infrastructures communales et régionales. Les commerçants payent déjà assez d'impôts pour ce faire. Vouloir leur imposer en plus des 'charges d'urbanisme' disproportionnées comme condition à la délivrance d'un permis serait tout simplement illégal.
    De plus, de telles pratiques occasionneraient un surcoût évident des produits vendus, qui se répercuterait à court terme sur les citoyens nandrinois et de Tinlot. Cela reviendrait donc à produire un nouvel impôt déguisé.
    2. Le rôle des communes ne doit être le financement des Régions. Il ne peut pas l'être par ailleurs, cela ne fait partie de leurs attributions. Toute décision allant dans ce sens serait illégale.
    3. Les Régions doivent agir dans le cadre des budgets qui leur ont été attribués. Certains montages financiers effectués afin de réaliser des travaux ont déjà été condamnés par l'Union Européenne. La légalité de tels montages serait donc à remettre en question, et ce d'autant qu'en fin de compte, ceux-ci consisteraient à créer de nouvelles dettes qui ne seraient pas inscrites dans les budgets régionaux.
    4. Les communes ne seraient plus traitées de façon égalitaire. Celles qui pourraient avancer des fonds seraient traitées prioritairement, ce qui pose un véritable problème éthique et juridique.
    Mais outre ces questions de fond, ce sont les messages véhiculés par cet effet d'annonce qui sont dérangeants. Ainsi :
    1. La santé des finances communales serait telle qu'elle permettrait d'aider la Région dans certains de ces investissements. Il faut retomber les pieds sur terre : la dette communale s'élève à plus de 3 millions d'euros, et manifestement la stratégie de communication de cette majorité nandrinoise repose sur la présence d'images résultant d'effets d'annonces, qui ont pour effet de tromper la population sur la réalité matérielle des choses.
    2. Les communes de Nandrin et de Tinot n'auraient dorénavant plus besoin de subsides de la Région. Le message envoyé aux autorités régionales est sans équivoque : les finances communales sont telles qu'il n'est plus besoin de subsides pour que la plupart de ses projets puissent voir le jour.
    Par contre, en dépit du fait que ces effets d'annonce seraient susceptibles de mettre en péril la santé financière des communes et de Tinlot dans les années futures, on peut y percevoir une volonté de mettre fin à la ruralité à Nandrin.
    En effet, Les ronds-points de St Severin, du monastère, de la pharmacie, des quatre bras, et de l'aldi se trouveront pour la plupart dans une zone du schéma de développement territorial, destinée à accueillir des habitations avec une densité de 40 à 60 habitations à l'hectare. Ce schéma a été proposé et approuvé par la majorité PS-cdH-Ecolo lors de conseil communal de Nandrin de ce 24 février 2015. De tels ronds-points deviennent nécessaires pour la mise en oeuvre de ce projet d'aménagement.
    Alors peu importe qu'il s'agisse d'un effet d'annonce ou d'une utopie. Il ressort de tout cela que de telles annonces sont susceptibles de mettre en danger la stabilité financière de notre commune, et la qualité de vie à laquelle les citoyens nandrinois aspirent. Et la véritable question que de plus en plus de nandrinois se posent, est la suivante : Quand est-ce que cela cessera-t-il ?

  • Merci pour cette analyse et cet échange d'idées et d'arguments!
    Alain louviaux

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