Fin des quotas laitiers: quel avenir pour les agriculteurs belges?

Le 1er avril prochain, les quotas laitiers qui régulaient la production laitière depuis 30 ans prendront fin. Le rôle de ces quotas était d’éviter que l’offre soit plus importante que la demande afin d’empêcher la chute du prix du lait. En 2003, la Commission européenne a estimé que ces mesures n'étaient plus nécessaires puisque la demande mondiale avait augmenté, notamment grâce à la Chine.

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Cette décision de la Commission de mettre fin aux quotas laitiers n'est pas bien accueillie en Belgique où les agriculteurs se sentent fragilisés face à la libéralisation du marché du lait. Alors, pour faire face à cette fin des quotas, les producteurs adoptent différentes stratégies. Certains agriculteurs vont accroître leur production, comme en Flandre, d’autres vont la diversifier, notamment en fabriquant des glaces ou du fromage. D’autres encore décident de se regrouper pour avoir plus de poids sur le marché.

En juillet 2014, Guy Francq a créé la WAFAB, la Wallonia Farmers Board, un regroupement de producteurs de lait. Ces agriculteurs se rassemblent pour négocier avec les industries laitières et avoir un pouvoir sur le prix de leur lait, mais aussi éventuellement pour faire des achats groupés de matériel. Un autre objectif de la WAFAB est d’empêcher les multinationales de l’agroalimentaire de contrôler le marché. Pour Guy Francq, il faut défendre l'agriculture familiale : "Une fois qu'on déroge à ce modèle, on va vers une agriculture hyper industrielle où même le capital financier n'appartient plus à la famille paysanne".

Inquiétude pour les uns, aubaine pour les autres

La fin des quotas plonge les producteurs belges dans une certaine inquiétude. Ils craignent la volatilité des prix, les grands groupes laitiers qui risquent de mener le marché et enfin, le manque de demande au niveau mondial. Mais pour d'autres producteurs de lait européens, la fin des quotas est une véritable aubaine. Des pays comme l’Irlande, la Hollande, l’Allemagne ou encore le Danemark, possèdent des infrastructures de production imposantes, des fermes de 1000 vaches. Ces pays sont très compétitifs, ils se préparent donc à produire encore plus.

Et puis, il y a des pays comme l’Italie dont les produits sont très spécialisés. Pour la production de mozzarella par exemple, les Italiens avaient besoin de produire plus de lait que ne l’autorisaient les quotas. Ils attendaient donc avec impatience la fin de ceux-ci.

La Chine veut produire son propre lait

Bref, la fin des quotas signifie plus de lait sur le marché mais toute la question est de savoir si la demande suivra. Selon Erwin Schöpges, éleveur dans la région germanophone et membre du conseil d’administration de l’European Milk Board, une organisation qui défend les intérêts des producteurs laitiers au niveau européen, une partie de ce lait ne trouvera pas acheteur. La Chine vers qui les producteurs européens ont bien exporté pendant quelques années met tout en place pour produire elle-même son propre lait.

Pour ces raisons, Le 31 mars, Erwin Schöpges et Guy Francq seront tous deux présents à la manifestation des producteurs laitiers devant le Parlement européen. Ce rassemblement aura pour but de dénoncer les lacunes du système d'après quotas qui risque de laisser les plus faibles sur la touche.

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