Fraiture, école communale: un cours d’islam pour deux réfugiés syriens

La commune de Tinlot accueille pour l’instant deux familles de réfugiés syriens. L’une a inscrit ses enfants à Sainte-Reine, l’autre à l’école communale de Fraiture. Pour permettre un enseignement clairé de l’islam à Ali et Abdallah, des jumeaux de 10 ans, l’école communale organise un cours de religion islamique spécialement pour eux.

capture ecran 2015-09-12 à 13.39.40.jpg

S’ils ne parlent pas encore français, Ali et Abdallah Abdallah, des jumeaux syriens de 10 ans, se sont déjà fait des copains à l’école communale de Fraiture (Tinlot). Leurs camarades de cinquième année, d’abord un brin intrigués, n’hésitent pas à leur prêter main-forte lorsqu’ils sont en difficulté. L’école de Fraiture met tout en oeuvre pour faciliter leur intégration : «Nous avons acheté des documents et utilisons des logiciels en classe pour se comprendre de l’arabe au français et inversement, les enfants font beaucoup d’effort pour parler. Une institutrice s’en occupe particulièrement pendant les heures de fourche, nos mamies (des anciennes enseignantes) et une logopède les aident également », décrit Geneviève Filée (photo), directrice de l’école communale de Fraiture qui a par ailleurs mis en place un cours de religion islamique à leur intention.

capture ecran 2015-09-12 à 14.09.45.jpg«Chaque parent reçoit en début d’année une feuille sur laquelle il indique quel cours philosophique il désire que son enfant suive : morale, religion catholique, islamique, etc. ou EPA (encadrement pédagogique alternatif). Aucun n’a choisi EPA mais les deux petits Abdallah ont été dirigés vers le cours d’islam, comme c’est leur droit », explique la directrice.
Un enseignant spécialisé a donc été appelé pour donner ces leçons à raison de deux périodes par semaine, pendant deux ans. «Il ne vient que pour ces deux élèves, Ali et Abdallah, car ils sont les seuls à avoir fait ce choix. Même s’il n’y avait qu’un enfant dans le cas, l’enseignant serait dépêché, c’est obligatoire », rappelle-t-elle. Les petits Syriens inscrits dans l’enseignement libre à Sainte- Reine devront quant à eux suivre les cours de religion catholique avec les autres élèves. Ce n’est pas la première fois que l’école de Fraiture prévoit de la religion islamique, un cours similaire a été donné «il y a 6 ou 7 ans, également pour des candidats réfugiés accueillis à Tinlot, deux autres familles », se rappelle Geneviève Filée. L’organisation scolaire s’en voit un brin chamboulée. «L’idéal serait que tous les petits aient cours de religion ou de morale à la même heure mais l’enseignant de religion islamique est tellement pris que lorsqu’il vient, nous retirons Ali
et Abdallah de leur classe pour deux périodes. Cela poserait problème s’ils suivaient un cursus « normal » car ils perdraient des heures de cours mais comme ils ne parlent pas encore notre langue, cela ne pose pas de souci pour l’instant. Cela leur est même profitable car ils se retrouvent à deux face à un instituteur qui parle français, cela favorise donc leur apprentissage », souligne-t-elle. ANNICK GOVAERS (La Meuse du 11 septembre)

ÉLAN DE SOLIDARITÉ

Un artiste marocain de Scry sert de traducteur
Les deux familles de Syriens de Tinlot (13 personnes au total) occupent les ILA (Initiatives Locales d’Accueil) aménagées à l’intention des demandeurs d’asile et des réfugiés reconnus comme tels. L’une, composée de 6 membres, habite à Seny depuis le 11 août. L’autre, de 7 membres, vient d’emménager à Soheit- Tinlot. «Nous ne connaissons pas encore leur histoire, ils sont arrivés épuisés après avoir campé dans le parc Maximilien à proximité de l’Office des Étrangers », indique Christine Gobiet, présidente du CPAS. Aucun Syrien présent ne s’exprime en français.

DSC_3899.JPG
Najib, (au centre de la photo) sert de traducteur aux réfugiés. Il est installé depuis plusieurs années à Tinlot.

Le Tinlotois Najib Amazigh, artiste marocain qui a enfin obtenu la reconnaissance de son statut de réfugié après des années en Belgique, sert de traducteur. «Il est notre référent, son aide nous est précieuse. Nous avons aussi reçu beaucoup de coups de fil et de mails de Tinlotois qui souhaitent aider les Syriens. C’est un bel élan de solidarité qui se crée », se réjouit-elle. A.G.

Commentaires

  • Un super geste de solidarité et d'humanité. Grand Merci aux tous les Tinlotois.

  • La photo, des deux élèves syriens de Fraiture, m'interpelle, en tout son commentaire. On signale que ce sont des frères jumeaux! Quand on regarde la photo, il ne se ressemble pas comme des jumeaux, même comme des faux jumeaux. Un est mince et petit, l'autre est grand et beaucoup plus fort. Ils n'ont même pas l'air d'avoir le même âge. Par contre, on dirait bien des frères. Merci de voir si le commentaire n'est pas à corriger.

Les commentaires sont fermés.