Haro sur les toutes-boîtes !

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Carlo Di Antonio (cdH) a achevé la préparation de son projet de décret qui permettra bientôt de bannir les publicités dans les boîtes aux lettres des Wallons, sauf accord explicite de ceux-ci. Il ne restera plus qu’à être voté au Parlement à la rentrée pour pouvoir entrer en application. Il souhaite - et le mot est faible - mettre un terme au gaspillage actuel en la matière, avec des milliers de ménages n’ayant rien à faire de ces publicités, mais les recevant tout de même.
DES RÉSULTATS MESURABLES
capture ecran 2015-12-28 à 10.16.03.jpgSa réponse est d’ailleurs limpide. Et ses menaces à peine déguisées. « Les options sont claires », indique-t-il. « Soit les parties prenantes, et notamment la grande distribution, la poste et les communes, s’engagent activement avec la Région dans la promotion du « stop pub » en vue d’atteindre des résultats mesurables et satisfaisants. Soit le gouvernement envisagera d’autres dispositions
En clair : soit le secteur respecte la volonté des ménages qui ne souhaitent plus être inondés de publicités, soit seuls ceux qui en expriment ouvertement la volonté pourront encore en recevoir. Autant dire que tant la grande distribution que les patrons de journaux gratuits envisagent cette perspective avec effroi. Car, dans les deux cas de figure, cela se traduirait par une diminution (très) sensible de leurs tirages, donc également de leurs recettes.
Le « stop pub » existe déjà. Mais d’après l’Union des Villes et communes citée par le ministre, «la mesure a eu une incidence faible» sur le produit de la taxe sur les publicités que perçoivent les entités wallonnes.

ARTICLES BIDONS
Mais Carlo Di Antonio y ajoute un autre élément. Selon lui, « il y a lieu d’évaluer si le champ d’application tel qu’il a été défi ni par l’arrêté « stop pub » du 21 décembre 2006 est toujours d’actualité ». Et il évoque expressément le cas de ces « journaux » qui contiennent au moins 30% de rédactionnel, dont on sait qu’il s’agit souvent d’articles bidons, juste destinés à permettre d’éviter d’avoir à payer la taxe sur les toutes-boîtes. Selon le cabinet de M. Di Antonio, cette partie de la réponse ne cacherait pas d’intention particulière du ministre. Elle appuierait juste sa volonté de tout remettre à plat, le cas échéant. Et de bien faire comprendre au secteur que s’il ne s’engage pas fermement à promouvoir puis à respecter le « stop pub », il risquera gros… -
CHRISTIAN CARPENTIER (La Meuse du 28 décembre)

Un (gros) manque à gagner pour les communes !
capture ecran 2015-12-28 à 10.15.47.jpg«On ne s’oppose pas au principe même », dit Arnaud Ransy, de l’Union des villes et communes de Wallonie. «Une telle mesure représenterait un coup très dur pour les finances communales. Si elle entre en vigueur, il faut donc prévoir une mesure compensatoire. Rappelons le principe de neutralité budgétaire sur lequel s’est engagé le gouvernement wallon. Toute mesure prise par ce dernier ne doit pas affecter le budget des communes. »
Les taxes sur les toutes-boîtes sont très rémunératrices. Cela représente actuellement 140.000 euros pour une commune de 10.000 habitants, 700.000 euros pour une autre commune de 70.000 habitants. Pour l’une des grandes villes wallonne, cette taxe rapporte même 3 millions par an.
«Une taxe fortement rémunératrice qui permet aussi de financer des missions de propreté », conclut Arnaud Ransy.
Extrait de l'article de G.B  dans LM du 27/11.

Et à Tinlot: les dernières années, la taxe sur les "toutes boîtes" a varié entre 5.000 et 8000 €. (Redevance sur les imprimés publicitaires non-adressés) 

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