Santé, trop de prescriptions inutiles !

Le centre fédéral d’expertise des soins de santé et l’Inami ont publié sur leur site le rapport annuel sur la performance du système de soins de santé belge. Dans ce dernier, un constat inquiétant : nos médecins prescrivent trop d’examens médicaux inutiles. Ils sont même les mauvais élèves de l’Union Européenne…

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Dans la ligne de mire : l’imagerie médicale. Les doses de radiations restent bien trop élevées dans notre pays, principalement en Wallonie.
Il en va de même pour les antibiotiques. La population belge en consomme autant que l’ensemble des Français ! Par rapport aux Pays-Bas, c’est encore pire : nous ingurgitons 2,5 fois plus d’antibiotiques que nos voisins bataves ! En 2013, par exemple, 42 % de la population belge avait eu recours aux antibiotiques au moins une fois dans l’année. Un taux plus élevé en Wallonie (44,5 %) qu’en Flandre (41,1 %).
TROP DE CÉSARIENNES
La césarienne est également pointée du doigt. Les médecins y auraient recours bien plus souvent qu’il ne faudrait. Alors que l’OMS estime que le taux de césariennes ne devrait pas dépasser les 10 à 15 % des accouchements, il atteint pourtant 20,4 % en Belgique ! À noter cependant que tous les hôpitaux ne sont pas logés à la même enseigne.
Dans le domaine de la prévention aussi, nos spécialistes ont la main plutôt lourde. L’examen de dépistage du cancer du sein serait, en effet, prescrit de manière bien trop fréquente et ce, même à des femmes qui n’appartiennent pas au groupe d’âge visé. À titre d’exemple, 36 % des femmes âgées entre 40 et 49 ans se font dépister. Ce qui serait, selon le rapport, une exposition inutile aux radiations.
LA FAUTE AU SYSTÈME !
Autre carton rouge pour notre pays : la contraction de maladies nosocomiales lors d’un séjour à l’hôpital. Sa prévalence s’élève, en effet, à 7,1 % alors que la moyenne de l’Union Européenne est de 5,7 %.
Mais il ne faut toutefois pas pointer trop vite nos spécialistes du doigt. «Le problème ne se pose pas tellement en termes de médecins qui prescrivent des examens inutiles », nous explique Pascale Meeus, de l’Inami. «C’est plutôt le système qui facilite des prescriptions pas toujours appropriées. La coresponsabilité des prescripteurs est autant engagée que celle des patients ou de la société. »
DEBORAH VAN BOTERDAEL (La Meuse du 19 janvier)

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