Tinlot: elle a perdu un bout de doigt à cause de son employeur qui a traîné pour la conduire aux urgences


capture ecran 2016-07-03 à 17.53.28.jpgEn mai 2009, Hilal, employée depuis le mois précédent dans une société de Tinlot spécialisée en confection de bâches sur mesure, se blessait grièvement en manipulant une machine : un morceau de son doigt avait été sectionné. Paniquée et perdant beaucoup de sang, elle avait été trouver son patron qui, selon ses dires, avait «  tout mis en œuvre pour retarder son arrivée aux urgences  », et ce parce qu’il ne déclarait pas de personnel avant 8h30 et que l’accident était survenu avant. Le temps qui s’était écoulé entre l’accident et l’arrivée aux urgences avait rendu le bout de doigt sectionné inutilisable : il n’avait plus été possible de le lui recoudre.
Le patron vient d’être condamné par le tribunal correctionnel de Liège suite à cet accident. Ce n’est qu’en mai 2014 que la jeune femme avait déposé plainte pour coups et blessures. Adem, le patron âgé de 54 ans, avait été interrogé. Il avait déclaré que ce matin-là, il avait prodigué les premiers soins à Hilal puis avait demandé à son fils de la conduire à l’hôpital pendant qu’il se chargeait de remplir la déclaration d’accident. Il niait avoir voulu retarder l’intervention médicale. Entendue au dossier répressif, une collègue de Hilal avait expliqué qu’elle n’avait pas assisté à l’accident mais que son amie lui avait confié, à l’époque, que son patron « ne voulait pas la conduire à l’hôpital ». Son fils s’en était chargé, «  mais Hilal m’a raconté qu’il avait volontairement fait des détours pour retarder leur arrivée  », avait-elle ajouté.

Adem a été acquitté au bénéfice du doute pour les coups et blessures. Il a été condamné pour les infractions à la loi du travail, car le service externe de prévention et le service de contrôle du bien-être au travail, qui s’étaient rendus sur les lieux après l’accident, avaient relaté et objectivé des manquements à la loi sur la sécurité des travailleurs. Dans son jugement, le tribunal dit tenir compte de la nature et de la gravité des faits, mais aussi de leur ancienneté et des mesures que le patron a, depuis, mis en œuvre pour éviter d’autres accidents. Il écope de 4.500  € d’amende avec sursis pour un tiers, ou 30 jours de prison.
LWs (La Meuse du 2 juillet)

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