Tinlot, justice. Jusqu’à 4 ans requis dans l’affaire Centea

Xavier (prénom d’emprunt) comparaissait ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Huy pour une affaire dont les faits remontent au 1er décembre 2010.
À Tinlot, lui et deux autres individus étaient suspectés d’avoir voulu commettre un braquage dans l’agence bancaire Centea.
capture ecran 2017-06-03 à 13.26.29.jpgMais le gérant les avait aperçus à travers la haie proche de l’édifice. Il a appelé la police, alors que ces hommes, à bord d’une voiture, faisaient des allées et venues autour de l’agence. S’en est suivie une course poursuite, avant que Xavier et l’un de ses acolytes prennent finalement la fuite dans les bois, après moult aventures, dont l’intervention d’un hélicoptère des forces fédérales. Leur véhicule, une Volkswagen Jetta, était une voiture que le groupe avait acheté à un mineur, à Bruxelles. Xavier reconnaît également avoir acheté une arme militaire pour 500 euros.
Selon le substitut du procureur du Roi, tous trois étaient «habillés en vêtements pour commettre un vol». Si Xavier a rapidement avoué qu’il était là pour «faire un coup, il s’est rendu compte que ses propos pouvaient lui porter préjudice», commente le substitut. Outre l’arme militaire, des colliers de colsons assemblés en menottes et deux talkies-walkies ont été retrouvés. Tommy (prénom d’emprunt), l’un des complices de Xavier, explique que son groupe venait à Tinlot pour vendre la Volkswagen Jetta à un acheteur liégeois. Leur arme serait simplement un moyen de se protéger.
Une déclaration fantaisiste selon le substitut, que les relevés téléphoniques démentiront. Tommy ne reconnaît pas le vol à main armée. Il a expliqué s’être dirigé à l’arrière de l’agence pour «satisfaire un besoin naturel». «Les trois prévenus doivent assumer leurs responsabilités», indique le magistrat. «Ils ont par ailleurs de lourds casiers judiciaires. Xavier a déjà été condamné à 8 ans de prison. C’est un criminel aguerri et déterminé.»
Il a ainsi été requis respectivement une peine de 12 mois, 4 ans et 37 mois pour Tommy, Xavier et leur troisième comparse. Leurs avocats ont expliqué que ces actes préparatoires n’étaient pas punissables. «Le laps de temps qui s’est écoulé était suffisamment long pour que les auteurs reviennent sur leur projet. Nous n’étions pas dans le commencement de l’exécution», concluent-ils.
JÉRÔME GUISSE (La Meuse H-W du vendredi 2 juin)

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