Fraiture, la fête du village

Le dernier week-end de juin marque le retour des fêtes de village dans la commune de Tinlot. C'est le village de Fraiture qui ouvre la longue série de ces fêtes d'été. Le premier dimanche de juillet ce sera la fête d'Abée, suivie le 22 juillet par celle de Scry. Il faudra ensuite attendre le 27 août pour la fête de Seny suivi de celle de Soheit-Tinlot en septembre. C'est Ramelot qui fermera la série le 3ème dimanche de septembre au début de l'automne.

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La cérémonie patriotique après la messe est toujours bien suivie dans le village. C'est un exercice parfois compliqué pour certains après le souper et la soirée de la veille quand celle-ci se prolonge...

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A l'occasion de ces commémorations dans l'entité, Christiane Auwers nous a maintenant habitué aux rappels de petits faits de l'histoire locale durant la guerre, ce fut encore le cas cette fois-ci: Pendant la guerre 40-45, de nombreux jeunes sont faits prisonnier, notamment 14 jeunes de Fraiture sont capturés par les Allemands. Parmi ceux-ci, il y a Charles Mees, il est fait prisonnier avec d’autres compagnons d’arme en Flandre.  Ils forment une grande colonne de prisonniers en direction de l’Allemagne. (voir la suite et le texte complet ci-dessous)

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Et ensuite l'apéritif offert à tous par la commune, une manière de remercier aussi les chorales et les nombreux porte-drapeau toujours fidèles à ces rendez-vous.
Voir la suite ci-dessous.

 

"Pendant la guerre 40-45, de nombreux jeunes sont faits prisonnier, notamment 14 jeunes de Fraiture sont capturés par les Allemands. Parmi ceux-ci, il y a Charles Mees, il est fait prisonnier avec d’autres compagnons d’arme en Flandre.  Ils forment une grande colonne de prisonniers en direction de l’Allemagne. Pendant quatre jours, ils sont privés de nourriture. Pour survivre, ils se nourrissent de trèfles sur les chemins. Après ils reçoivent  juste un morceau de pain qui est moisi avec un bout de boudin noir. La colonne s’arrête tout le temps tellement il y a de malades.
Ils arrivent enfin au camp, ils logent dans des baraquements sur la terre battue, ils ont  juste leur tenue de prisonnier, pas de couvertures, il y a des sacs en jute pour se couvrir, des rats se mêlent à eux. Le décor est sordide.
Levés à  5 heures du matin, pour se rendre dans une ferme, escortés par des soldats allemands baïonnette au canon, ils reçoivent pour tout repas : deux morceaux de pain, de la soupe, des pommes de terre et travaillent péniblement au champ ou à la ferme jusque dix-neuf heures.
Parfois des fermiers leur donnent quelques restes de nourriture, Charles Mees  trouve un jour une poule, qu’il  cache dans un coin; grâce à celle-ci, il peut manger un œuf presque chaque jour.
Charles Mees est resté prisonnier 5 ans. Il a eu la chance de rejoindre sa famille. Beaucoup d’entre-eux ont dû vivre en faisant des travaux encore plus pénibles pendant ces longues années de guerre et n’ont jamais revu notre pays, ni leur famille.
Septante mille prisonniers de guerre étaient encore en Allemagne en mai 1945, dont soixante cinq mille francophones.    
Nous qui n’avons pas connu ces années de guerre, pensons à tous ceux qui ont dû vivre cette terrible période ainsi qu’à ceux qui vivent encore aujourd’hui de pareilles atrocités."
Christiane Auwers.

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