Tinlot histoire locale. Assassinat d'un messager à Soheit en 1670.

Vous l'aurez peut-être remarqué, le T4S trimestriel s'est enrichi d'une nouvelle rubrique consacrée à notre histoire locale.

capture ecran 2019-07-22 à 17.15.09.jpg

Notre passé, notre histoire.
Tinlot aux 4 saisons se propose de vous faire découvrir nos villages, profondément enracinés dans le terroir exigeant du Condroz, et leurs habitants, dont la vie laborieuse a façonné l'identité condrusienne que nous défendons. C'est une longue histoire, trop longue pour en faire la publication intégrale dans le bulletin. Chaque édition vous en présentera donc un élément du patrimoine, un épisode, une anecdote locale ou un acteur, en vous invitant à rejoindre le site web communal pour en savoir plus...

Assassinat d'un messager à Soheit en 1670.
La Croix de la Doiffe (1670) - KE 12 AOUST 1670 A ESTE OCCIS PIERRE RIECHEN MESSAGER DE LIEGE A DINARD PAR 3 MEURTRIERS REQUIESCAT IN PACE
Croix monolithe en pierre calcaire. Au témoignage de Monsieur Peters, la Croix de la Doiffe se dressait sur le côté nord de la Chaussée, à l'emplacement de l'actuelle berme centrale, près du carrefour de la Rue Haute Barrière. Lors des travaux sur la N63, dans les années 70, elle fut sauvée de justesse par le Bourgmestre G. Delrée et le Cantonnier G. Evrard qui l'adossèrent au mur du cimetière, Chemin de Messe.
Dimensions : hauteur 90 cm; largeur 73 cm. cliché n° 913, IPM 16/2.
Jusqu'à l'apparition de la malle-poste, au 18e s. la messagerie était concédée à des professionnels qui disposaient de personnel, de chevaux et de relais sur les routes, ou plutôt les chemins de terre. Contre rétribution, ils avaient le monopole de l'acheminement du courrier "ordinaire" (entre particuliers).
La victime, P. Riechen, inconnu par ailleurs, assurait donc ce service entre Liège et Dinant, autre ville de la Principauté.
Le braquage violent d'un messager régulier et connu, alors qu'il circulait sur la chaussée de Liège à Dinant n'a pas laissé sans réaction les habitants de Soheit qui lui ont consacré une croix d'occis au bord de la chaussée.
Même si elle est surmontée par la représentation d'un crucifix, la croix d'occis ne ressortit pas au cadre religieux (texte en français et non en latin; "ke" = ce; Dinard/ Dinant) ; elle commémore un décès, un meurtre ou un accident.
Le Patrimoine monumental de la Belgique (vol. 16/2) la nomme Croix de la Doiffe (Doiffe serait un toponyme qu'aucun Tinlotois ne semble connaître !).
Soheit, Tinlot et Scry bénéficiaient de cet axe, le plus important de la Principauté : de Liège, centre du pouvoir, mais aussi porte d'entrée de la Hollande (Maestricht) et de l'Allemagne (Aix), il conduisait voyageurs et marchands via Ciney et Dinant vers les territoires liégeois de l'Entre-Sambre-et-Meuse (Philippeville) et de la haute Meuse (Givet, Charleville), comptoirs du commerce avec la France. De Havelange, une bifurcation gagnait Rochefort, puis Saint-Hubert pour rejoindre Bouillon et la France à Sedan. De longs déplacements sans quitter le sol liégeois... et donc sans taxe de douane !
Etait-elle sûre notre chaussée ? Assez, sauf au 17e, probablement le pire siècle pour notre région ! Entre 1666 et 1668 le Pays de Liège fut frappé par la dernière épidémie de peste. Les voisins français, espagnols et hollandais étaient en guerre. A l'arrêt des hostilités, les soldats, licenciés et abandonnés sans ressources, devenaient des bandes de pillards. La disette et la famine jetaient aussi sur les chemins de malheureuses victimes des exactions, prêtes à tout...
Pour en savoir plus sur l'histoire des routes à Tinlot et lire des anecdotes très actuelles, rendez-vous sur le site tinlot.be/loisirs/découvrir Tinlot.
A. Peters et L. Pauquay

Écrire un commentaire

Optionnel