Des panneaux que personne ne connaît ...

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Des millions d’euros pour des panneaux «inutiles» sur les autoroutes wallonnes

L’Institut Vias reçoit de nombreuses questions à propos de panneaux jaunes frappés d’une lettre de l’alphabet. Les usagers de la route se demandent à quoi ils servent exactement.
Vous l’avez peut-être aperçu à une sortie d’autoroute ou à un carrefour ? Un panneau jaune frappé d’une grande lettre de l’alphabet en noir indiquant une direction. Non, il ne s’agit pas d’une signalisation s’adressant à des véhicules militaires ou spécifiques aux camions. « Beaucoup de gens nous contactent à propos de ce panneau. Ils se demandent à quoi il sert », explique Benoît Godart, porte-parole de l’Institut Vias. Ce panneau qui ne figure pas dans le code de la route dépend en fait de la Région wallonne.
« Jusqu’à présent, ces panneaux ont été installés essentiellement dans les provinces de Namur et de Luxembourg », indique Christophe Blerot, porte-parole du Service public de Wallonie, Mobilité Infrastructure.

« Un usage exceptionnel »
« Ils sont placés à chaque sortie, sur les autoroutes et sur les principales nationales. Ils balisent une déviation qui permet de rejoindre l’autoroute à la bretelle suivante si elle doit être fermée exceptionnellement au trafic », poursuit notre interlocuteur.
Cela peut être, par exemple, un camion dont le chargement s’est renversé sur la chaussée, un accident impliquant une caravane ou avec un nombre important de victimes. Dans ce dernier cas, l’autoroute est fermée pour faciliter l’arrivée et le travail des secours. « Il est aussi arrivé d’utiliser le système à l’occasion de travaux dans l’échangeur de Daussoulx (E411-E42), mais cela ne concerne pas les chantiers habituels. Son usage demeure exceptionnel et lié à une situation de crise », souligne le porte-parole du SPW.
Chaque itinéraire de déviation est élaboré en concertation avec la police et doit être validé par le gouverneur car l’on détourne l’important trafic routier vers des routes locales.
« Chaque carrefour de chaque itinéraire est équipé. Cela représente des milliers de panneaux et un coût de plusieurs millions d‘euros par direction territoriale », chiffre Christophe Blerot du SPW. Le placement est financé par les dépenses courantes liées aux routes mais pas par une enveloppe spéciale. « On n’en fait pas une priorité car cela ne sauve pas des vies. Nous y allons progressivement. L’objectif est toutefois d’équiper à terme les autres provinces de la même manière », ajoute notre interlocuteur.

À l’heure de Waze
« Si ce balisage est appelé à se développer et que son utilité est avérée, nous allons de notre côté informer les gens », réagit Benoît Godart de l’Institut Vias. Pour le SPW, les campagnes d’information à ce sujet ne sont pas la priorité. Mieux vaut prévenir les usagers lorsque le cas se présente effectivement.
Face à ce panneau que personne ne connaît, des conducteurs demeurent sceptiques quant à l’utilité d’un tel investissement à l’heure de la généralisation des GPS et des aides à la navigation telles que Waze.
Yannick Hallet  La Meuse

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