68 hérissons blessés par des robots-tondeuses au centre CREAVES de St-Nicolas

Les hérissons ont la vie dure depuis un certain temps en région liégeoise. Leur quotidien est bien souvent chamboulé par des robots-tondeuses qui, de nuit, découpent tout sur leur passage, y compris les petits hérissons sortis se promener. Leurs blessures sont souvent graves, et sans une prise en charge rapide, leur état de santé peut très vite se dégrader.

Ces animaux blessés peuvent être recueillis au CREAVES de Saint-Nicolas. Cette nouvelle ASBL, unique en région liégeoise, accueille, soigne et, une fois remis sur pied, relâche dans la nature de nombreux rapaces et hérissons. Rien qu’en 2019, la structure a accueilli pas moins de 309 hérissons blessés, dont 68 avaient croisé le chemin de robots-tondeuses.

La moitié d’entre eux sont décédés des suites de leurs blessures : « Quand ils arrivent ici, ils montrent des coupures importantes au niveau de la tête ou du flanc. Des coupures nettes, dues aux lames de la tondeuse. Le problème, c’est que si on ne les prend pas en charge très rapidement, les mouches s’attaquent à la blessure et des larves se développent. Le hérisson n’a ensuite que peu de chances de s’en sortir », explique Mélissa De Faveri, conseillère environnement à la commune de Saint-Nicolas.

Pour éviter le pire, l’ASBL peut compter sur une vingtaine de bénévoles qui se relaient sept jours sur sept pour accueillir ces animaux : « Quand l’animal arrive, que ce soit un hérisson ou non, on crée une fiche personnalisée. On lui prodigue immédiatement les premiers soins, et si nécessaire, on l’emmène directement chez le vétérinaire.
Ensuite, on le garde chez nous. On le soigne tous les jours, on surveille son poids, jusqu’à ce qu’il soit en état de partir. On relâche finalement le hérisson dans la nature. De préférence dans de grands jardins installés près des prairies où les personnes sont conscientisées à la problématique. Mais parfois, leur état de santé est déjà tellement engagé, que l’euthanasie reste la seule solution ». Dans de nombreuses communes liégeoises, l’utilisation des robots-tondeuses a été interdite pendant la nuit.

« De plus en plus de cas »
De quoi éviter les accidents : « Les hérissons sortent principalement la nuit. À l’exception des mamans qui sortent de jour pour chercher de la nourriture. Mais il faut aussi dire que les robots-tondeuses ne sont pas l’unique problème. Il y a aussi des accidents liés à d’autres choses comme les habitants qui brûlent leurs déchets dans leur jardin etc. Mais faire tourner un robot-tondeuse toute la nuit, ça n’a aucuns sens. Chaque année, on a de plus en plus d’entrées pour ce genre de blessures. Et c’est regrettable », explique Arnaud Jillot, membre de l’équipe.
Le centre CREAVES accueille également de nombreux rapaces. Entre mai et juin 2020, la structure a accueilli pas moins de 524 animaux.

 

 

«Conscientiser la population»
Ces chiffres sont interpellants, et sont également en augmentation depuis plusieurs années : « Oui, c’est vrai, on en voit de plus en plus », confirme Philippe Schutters, vétérinaire de la Ville de Liège. « On peut dire qu’il y a une recrudescence de blessures liées au robots-tondeuses. L’inconvénient de ces machines, c’est qu’elles sont silencieuses. Les hérissons ne les entendent pas et n’ont pas la possibilité de partir. Les chiffres sont importants. Heureusement, dans certaines communes et sur la Ville de Liège, l’utilisation de robots-tondeuses pendant la nuit est punie d’une sanction administrative. On pourrait également faire prester des heures de travail d’intérêt général dans des centres tels que les CREAVES pour les personnes qui ne respectent pas la règle. Cela permettrait de conscientiser la population à cette problématique, bien réelle ».
La Meuse

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