Bierset. Plus d'avions, plus de vols, plus de bruit... explications et réactions!

Face à cette « problématique des nuisances potentielles dues à l’intensification du trafic aérien au départ/vers l’aéroport de Bierset », le groupe de mandataires issus de différentes familles politiques a ainsi défini une « position commune afin d’être plus forts, ensemble, dans les négociations à venir », notamment dans le cadre de la prochaine étude d’incidences.
« Un long travail s’annonce»
Le bourgmestre hutois Christophe Collignon (PS), président de la Conférence des élus, « a initié une démarche collective en direction des autorités de gestion de Liège Airport ». Une délégation de mandataires huto-waremmiens (tendances politiques confondues) sera dès lors invitée par la direction de l’aéroport à une réunion de travail.

« Un long travail s’annonce, il est évidemment préférable de le mener ensemble, avec proactivité et sang-froid », estime dans un communiqué le CA de la Conférence des élus.
Le « club des bourgmestres » appelle également à « objectiver » la situation, et évoque notamment la possibilité de placer des sonomètres chez les riverains les plus impactés par les nuisances aériennes.
Ro.Ma. La Meuse H-W

Capture d’écran 2020-09-28 à 17.00.42.png

Donceel, Engis, Fexhe, Crisnée... voici pourquoi les avions ont fait plus de bruit

Plusieurs communes situées à proximité de l’aéroport se sont plaintes cette année d’une augmentation du bruit des avions. Réalité ou simple impression ? Nous avons posé la question à skeyes, le gestionnaire du trafic aérien à Liege Airport. Lire l'article complet dans la Meuse du 28 septembre dont voici les conclusions:
Liege Airport dispose de deux pistes : une longue (3690m) et une plus courte (2340m). Lui et les 23 autres contrôleurs aériens liégeois n’ont pas le choix des couloirs aériens qu’empruntent les avions dans les airs, « les critères sont prédéterminés par la Direction Générale du Transport Aérien (DGTA), reprend Etienne Marchal, et les pilotes en dévient extrêmement rarement. »
Par contre, ils décident de l’utilisation des pistes, en fonction du critère n°1 qui est la météo. « La règle générale est qu’un avion décolle et atterrit toujours face au vent. C’est une question de sécurité et de portance de l’air. »
Vu que les vents dominants dans la vallée de la Meuse viennent du sud-ouest, c’est donc les deux pistes vers le sud-est qui sont les plus utilisées. Et la plus longue en premier lieu vu que l’aéroport n’est pas surchargé.

Les trois raisons
1. Le vent : « Et il est vrai qu’en 2020, il y a eu plus souvent des inversions du sens du vent qui a obligé les avions à emprunter les pistes vers le nord-est, et donc vers une zone plus densément habitée. »
32,3 % du temps de janvier à août 2020 (59,8 % en avril et un record de 65,3 % en mai) contre 24 % en 2019.
2. La chaleur  : Mais ce n’est pas tout ! « Par temps de fortes chaleurs, l’air est moins porteur, ajoute son collègue Fabien Frère. Et l’avion aura besoin de plus de longueur de pistes et de plus de temps pour monter. » Du coup, le bruit est le même mais il dure plus longtemps avant que l’avion n’arrive à 5000 pieds, seuil à partir duquel le bruit n’a plus d’impact au sol.
3. Enfin, la taille des avions qui viennent à Liège. Durant la période covid, les petits avions de loisirs étaient interdits. Par contre, Liège Airport a tourné à plein régime pour alimenter l’Europe en médicaments et en produits issus du commerce électronique. Avec des avions plus gros et aussi plus chargés. « Vu qu’ils sont plus gros, reprend Etienne Marchal, les gens les voient mieux et ont l’impression qu’ils volent plus bas. Mais ce n’est qu’une impression. »
Deux raisons objectives, et la dernière plus subjective, peuvent donc expliquer le ressenti des habitants. Mais elles sont liées à des circonstances particulières : la météo et la crise sanitaire.

Réaction d'un Tinlotois

Suite à ces explications, voici copie de la réaction que nous a transmise un Fraiturois (G.D.)
Un citoyen électeur réagit
La lecture de votre article de presse concernant la pollution sonore due aux avions de Liège Airport inspire quelques réflexions s’opposant aux affirmations bienveillantes à l’égard d’un fret pas si rose que cela.
Oui nous sommes impactés par le bruit (village de Fraiture)
Non il ne s’agit pas d’un effet d’optique : les avions volent bas. On voit clairement les détails sur le fuselage.
Non nous ne sommes pas dans un périmètre dans lequel nous avons droit à un sonomètre. Celui-ci est payant (environs 1000 euros) remboursés si les niveaux sonores sont bien dépassés. (Informations provenant de la SOWAER)
Non nous n’avons pas droit à des isolations phoniques car hors zone. Les habitants en zone A ont déserté leurs biens. Nous on doit subir.
Oui nous avons le droit de nous taire quand passent les avions… On ne s’entend plus !
Oui on va bientôt revoir les zones de bruit au niveau politique
J‘ai personnellement fait un choix, celui de la paix en échange de longs déplacements pour me rendre au travail. Maintenant retraité j’exprime mon courroux face à cette ineptie qui donne le droit au pilote, les jours sans vent, d’économiser 4 km de piste taxi avant de s’envoler et d’impacter la population de la campagne à quatre heures du matin. Le carburant est détaxé que je sache. On oppose donc la pollution énergétique à la pollution sonore subie par les citoyens…
Il ne s’agit en rien de vouloir détricoter un pôle économique intéressant pour la région mais de prendre les mesures pour que les altitudes et les trajectoires soient respectées. Pour monter plus haut et plus vite il faut payer ce qu’il faut… Donc diminuer les bénéfices. Mais choisir de polluer, de préjudicier des milliers de personnes n’est pas un raisonnement social.
Que Bierset soit la plaque tournante de la distribution en Europe signifie que sa région est la poubelle sonore de l’Europe.
« Ils sont les gardiens de notre ciel » qui est le gardien de notre quiétude ? Le politique est tourné vers l’économique… L’électeur devrait s’en souvenir.
Guy Deschamps

Écrire un commentaire

Optionnel