Covid-19: le nombre de cambriolages a chuté de près de 50% cet été

« On a constaté une baisse des vols à partir du mois de février, puis une réelle chute en mars-avril », indique Pascal Dandois, responsable des experts « habitation » en Wallonie pour AG Insurance. De février à mars, la chute a été de plus de 60 % pour les sinistres vols. Logique : confinés chez eux, les Belges ont laissé peu de marge de manœuvre aux éventuels cambrioleurs. Les voleurs étaient aussi eux-mêmes confinés.

Pour la période allant de mars à la fin mai qui était marquée par le confinement, la diminution des vols est de l’ordre de 50 % par rapport à la même période en 2019. « En mai, on a vu une légère hausse, mais on était loin d’un mois de mai normal », note Pascal Dandois. Et cette reprise ne s’est pas vraiment poursuivie. Pendant l’été, période habituellement propice avec les départs en vacances, le recul a également été de 50 %.

Est-ce que cela va durer ?
« Difficile à dire pour le moment, mais de manière globale, depuis quelques années, alors que le coût moyen d’un cambriolage augmente, leur nombre baisse de près de 20 %. Alors, maintenant que beaucoup de Belges sont de plus en plus en télétravail, donc par définition à la maison, on peut s’attendre à ce que la tendance à la baisse se poursuive », analyse Pascal Dandois. En 2020, le coût moyen d’un cambriolage pour la victime est de 4.500 euros, soit une hausse de 2 % par rapport à 2019. « Ce coût ne cesse d’augmenter car on vole de plus en des objets technologiques chers, comme des tablettes. Il y a aussi les châssis qui sont de plus en plus perfectionnés et donc chers à remplacer s’ils sont forcés », détaille la compagnie d’assurances.

Le bruit assourdisssant
Quant à la tendance à la baisse de ces dernières années, elle s’explique de différentes manières. « Il y a clairement de plus en plus de systèmes d’alarmes dans les maisons. Le marché est bien régi, avec des systèmes fiables qui ont pignon sur rue, des centrales de télésurveillance efficaces et des évolutions technologiques à la pointe, ce qui a clairement un impact positif sur le nombre de vols. L’effet est dissuasif d’abord, et si les cambrioleurs pénètrent quand même dans l’habitation, le bruit de l’alarme est tellement assourdissant qu’ils n’y restent pas longtemps, et donc, volent moins », explique Pascal Dandois.

En ce qui concerne les vols en rue et dans les grandes villes plus particulièrement, la diminution est là aussi : « depuis quatre ou cinq ans, depuis les attentats de Bruxelles notamment, la présence accrue des forces de l’ordre dans les rues, policiers ou militaires, a eu un impact favorable sur les vols de ce type », note le spécialiste d’AG.

En remontant encore un peu plus dans le temps, on s’aperçoit que la baisse est spectaculaire. Dans le courant de l’année 2000, on était à 75.000 cambriolages recensés, contre un peu plus de 47.000 en 2019. Cette semaine, le SPF Intérieur même une action nationale contre les casses dans les habitations.
Plus d’informations sur www.1joursans.be.
Yannick Hallet  YH. La Meuse

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