La pharmacie, point relais pour les femmes victimes de violence

Désormais, les pharmacies seront des points relais pour les femmes victimes de violence!
Ce mercredi 25 novembre, c’est la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. À cette occasion, la ministre wallonne des Droits des femmes, Christie Morreale, lance une nouvelle initiative, en collaboration notamment avec les associations de pharmaciens.

Mercredi, c’est la journée de lutte contre les violences faites aux femmes.
Mercredi, c’est la journée de lutte contre les violences faites aux femmes. - Belga

Face à la hausse effrayante des chiffres en matière de violences faites aux femmes, Christie Morreale a décidé de lancer une grande initiative. En effet, désormais, les pharmacies seront des « points relais dans la lutte contre cette violence faite aux femmes ». La ministre nous explique:
Pourquoi la pharmacie   ?
C’est en général un endroit où on va seul et où on se sent en confiance. Il y a beaucoup de confidences qui s’y font. C’est en tout cas ce que beaucoup de pharmaciens m’ont dit quand je les ai rencontrés il y a quelques semaines. Sur les 1.800 pharmaciens de Wallonie, plusieurs centaines étaient présents et ont expliqué des tas de situations qu’ils ont vécues. Et en disant : voilà, nous, on a envie de jouer un rôle qui est autre chose que de vendre des médicaments.
Mais donc, concrètement, que vont faire les pharmaciens?
Ils le disent, ils ne sont pas un service d’écoute, mais ils disent aussi : si on peut dispatcher ou transférer une personne vers un centre ou un service, en lui disant « ne restez pas seule », c’est à chaque fois une chance en plus.

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Une pharmacie, c’est un commerce. Comment les femmes vont-elles parler alors qu’elles risquent d’être entendues par d’autres clients ?
La période Covid fait qu’on rentre avec des distances de sécurité et à moins de personnes dans un commerce. C’est une chose. (…) Si on va à la pharmacie et que la pharmacienne ou le pharmacien se rend compte que la personne a des traces de coups, des ecchymoses, ou s’épanche, alors ils savent quoi faire. On leur a fourni un vade mecum et on a aussi envoyé une affiche destinée aux clients.

La pharmacie est donc juste un relais.
Oui. Et ça peut concerner aussi des voisins, témoins de violences. C’est leur dire : ne restez pas sans rien faire. Ou c’est la personne qui dit : « je veux partir de chez moi, mais je n’y arrive pas, je suis coincée ». Il y a des services d’accueil, voilà les coordonnées.

Les pharmaciens vont jouer le jeu ?
Les trois associations de pharmaciens sont partie prenante. Et on a eu plusieurs centaines de pharmaciens qui sont venus écouter les témoignages des projets pilote. Il y a aussi des explications sur les cycles de violence. Des personnes portent plainte, puis elles changent d’avis. C’est assez typique de ces phénomènes de violence conjugale. Elles se rétractent, puis elles reviennent. C’est important que le pharmacien ou la pharmacienne maintienne le lien.

On voit bien à qui s’adresse ce nouveau service. En quoi est-ce utile, alors que des numéros d’appel existent ?
Les expériences pilote montrent que ça fonctionne. (…) Et un des problèmes, c’est celui des chiffres noirs, c’est-à-dire les femmes qui subissent des violences mais qui ne disent rien. Ça permet d’avoir un arsenal en plus du numéro vert. Le meilleur moyen de sortir de ce problème, c’est de faire parler ces femmes ; Il y en a beaucoup qui ne disent rien et restent prostrées dans leur peur.

► Une expérience a été menée à Liège : voici ce qui en a découlé.

► La ministre a décidé de lancer de nombreux autres projets pour aider ces victimes.

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Source et article complet: Sudinfo

Des violences en forte hausse

Cette année, la Belgique a déjà enregistré 17 féminicides. « C’est un chiffre terrible », dit Mme Morreale.
Les périodes de confinement correspondent à une recrudescence du nombre des cas de violence conjugale. En moyenne, il y avait une vingtaine d’appels par jour à la ligne d’écoute violences conjugales (0800/30.030) en temps normal. On est monté pendant la première vague (de contaminations) jusqu’à 90 appels. Aujourd’hui encore, on est au double des appels classiques. Il s’agit d’appels passés en Wallonie et à Bruxelles (20 % dans la capitale). Quant au chat, on est passé de deux fois 4 heures à 20 heures par semaine.

Ligne d’écoute violences conjugales : 0800/30.030

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