Histoire locale

  • Fraiture, histoire locale. Recherche d'informations

    En novembre 1947, ma tante Monique Manne, alors âgée de 21 ans, cherche à connaître les conditions dans lesquelles son frère Jean-Marie a été exhumé de sa tombe sommaire creusée derrière le château de Fraiture-en-Condroz.
    Il avait succombé à ses blessures lors des combats du 4 septembre 1944.
    Voici la lettre (en partie annotée par ma tante) que lui adressa Blanche Filée.
    Tout renseignement complémentaire à propos de ces événements m'intéresse toujours grandement.
    Merci pour toute suite donnée à mon envoi.
    Bernard Burton, de Bruxelles

    1947 11 11 Blanche Filée pour Monique Manne à propos de Jean-Marie I.jpg

     
  • Le lieu dit "Peteuboû" à Fraiture. Réponse à la demande de recherche de Pol Gillet d'Ouffet

    Dimanche dernier nous avons publié, à la demande de Pol Gillet, animateur du site des Passeurs de Mémoire d'Ouffet,  l'article: Histoire locale. Fraiture-Ellemelle, recherche d'informations
    "Auriez-vous quelques informations concernant ce calvaire, comme par exemple le souvenir qu'il souhaite transmettre ? l'origine du nom du lieu-dit ?
    Ce serait la commune de Tinlot qui aurait installé le panneau indicateur il y a déjà quelques années".

    Voici les éléments de réponse transmis par Marcel Ponthier, de Fraiture, bien documenté comme à chaque demande de ce type. Merci à lui pour ce travail de recherche et ses illustrations.

    Le lieu dit Peteuboû à Fraiture
    Le document le plus ancien qui cite ce lieu-dit est la carte de Ferraris établie de 1770 à 1178.
    Sur cette carte, on lit : « Arbre Pet au Bouh ».

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    L’historiette qui circule à Fraiture depuis très longtemps est celle-ci : lorsque les chars à bancs tirés par un bœuf venant soit d’Houchenée, soit d’Ellemelle, arrivaient au sommet, où il y a le Bois Thier RENSON, le bœuf était tellement satisfait, de ne plus avoir à monter, qu’il faisait une petite halte en émettant un pet sonore.

    Rendons à Fraiture ce qui appartient à Fraiture
    Contrairement à ce que suggère Monsieur Pol GILLET d’Ouffet, ainsi que peut-être la Commune d’Ouffet, le site de Peteuboû, se trouve tout au bout du territoire de Fraiture.

    En effet, suite à la vérification que j’ai faite, cette croix entourée de six vieilles souches en demi-cercle, se situe sur la grande parcelle boisée cadastrée sur Tinlot, 4e Division, Fraiture, Section C, n° 24b.

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    L’angle de ce bois longe le chemin d’Houchenée à Ellemelle et la limite communale entre Tinlot (Fraiture) et Ouffet (Ellemelle). Ce chemin est d’ailleurs en prolongation de la chaussée romaine qui vient de Favence (Nandrin) à Houchenée (actuellement Tavier /Anthisnes). Une quarantaine de mètres plus loin que la limite entre les deux parcelles boisées, un chemin, dit Tige de l’Herberain, rejoint Seny et fait également frontière entre Ellemelle et Fraiture.
    La parcelle qui jouxte au Nord-Est cette grande parcelle boisée est une petite parcelle boisée qui est reprise au Cadastre sur Ouffet, 3e division Ellemelle, Section A, n° 52a.

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    Sur la carte du Dépôt de la Guerre de 1865, on remarque bien les limites communales entre Fraiture et Ellemelle et on y voit un sentier, qui portait le n° 26 à l’atlas des communications vicinales, aboutir au coin de la parcelle C 24b. Ce sentier qui venait de l’ancienne route de la Bouhaye (Fraiture-Nandrin) vers Ellemelle, a été supprimé, au 19e s. On remarque aussi sur cette carte l’ancienne route Nandrin Ellemelle, qui été supprimée au profit de l’actuelle vers 1890

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    Ci-dessous, sur le dernier orthophotoplan de 2019, j’ai indiqué par une flèche rouge, l’emplacement de la croix de Peteuboû. La limite communale est un fin trait rouge.

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    Concernant l’actuelle croix en pierre, elle est récente.
    Elle aurait été érigée par la Commune d’Ouffet pour remplacer l’ancienne croix en bois, parce qu’elle était abîmée.

    Cette ancienne croix serait toujours stockée au Service des Travaux d’Ouffet !
    Du temps de l’ancienne croix, il y avait donc quelques arbres, en demi-cercle, qui ont été coupés il y a plus de 10 ans, si pas quinze.
    C’était peut-être des charmes, je ne m’en souviens plus.
    Je dois avoir une photo argentique quelque part à la maison, mais il faudrait que je la retrouve.

    Concernant la question de savoir pourquoi, il y a une croix à cet endroit ?
    Un indice toutefois sur le plan primitif du Cadastre révisé en 1829, l’endroit s’appelle Malfontaine et le sentier s’appelle « sentier de Fraiture au Tilleul de Peteubou ». Il s’agit bien entendu du sentier n° 26 mentionné à l’Atlas des communications vicinales établi suivant la loi de 1841, cité précédemment.

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    Je pense qu’il pourrait s’agir du remplacement de celle qui aurait pu exister sur le tilleul de Pet au Bouh de la carte de Ferraris. Pourquoi le Comte de Ferraris mentionne-t-il cet arbre ?
    Était-il un tilleul remarquable et visible de loin, il est tout de même à proximité du tige ? On peut d’ailleurs voir que les parcelles vers Fraiture n’étaient pas encore boisées à cette époque.
    Ma réponse est un peu hasardeuse peut-être, mais c’est la solution que je préconise pour le moment, faute d’autres éléments connus.

    Marcel PONTHIER
    27-04-2020

  • Histoire locale. Fraiture-Ellemelle, recherche d'informations

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    Auriez-vous quelques informations concernant ce calvaire, comme par exemple le souvenir qu'il souhaite transmettre ? l'origine du nom du lieu-dit ?
    Ce serait la commune de Tinlot qui aurait installé le panneau indicateur il y a déjà quelques années.
    Pol Gillet, animateur du site des Passeurs de Mémoire d'Ouffet.

    Ellemelle, la rue des Partisans
    La rue des Partisans, auparavant Chemin d'Houchenée, est ainsi nommée depuis 1947 suite à une décision du Conseil Communal dont vous trouverez copie en bas de page. Elle prend naissance à gauche dans la rue de Moulin, bien avant la sortie du village.
    Jusqu'en 1869, ce n'était qu'un sentier, il a été élargi suite à la demande du châtelain d'Houchenée, le baron Florentin de Moffarts. Asphaltée avec des maisons de part et d'autre, elle descend nord-ouest en pente douce vers le ruisseau de la Magrée qu'elle traverse à un peu moins de deux cents mètres.
    Aucune habitation n'est construite au-delà du ruisseau et l'assiette est alors en béton pendant environ trois cents mètres au milieu de la campagne.
    La rue se transforme en un chemin empierré montant dans le bois Thier Renson, bifurquant à droite plein nord vers le lieu-dit Pèteubou dans la direction d'Houchenée qui est encore à plus de deux kilomètres à vol d'oiseau.
    La traversée du bois, si elle est relativement brève, est cependant pittoresque et fort appréciée des promeneurs et cyclistes. A mi-parcours, sur le plateau, un chemin de terre en parfait état, permet de prendre à gauche pour rejoindre la route qui relie Ellemelle à Fraiture en Condroz. Celle-ci, une fois traversée, la promenade peut se prolonger jusque Seny en traversant la campagne et le massif boisé de l'Herberin.
    Mais revenons à la bifurcation et continuons notre balade. A gauche, peu avant la sortie de la futaie, nous découvrons le Calvaire de Pèteubou, une petite stèle qui a connu bien des avatars.
    Plusieurs témoins oculaires, dans les années 1960 mais en place probablement bien avant, affirment qu'il s'agissait d'une croix en bois de belle taille qui, délabrée, est remplacée après 1990 par ce petit monument en pierre. Noyé dans les fourrés, très peu de personnes en connaissaient l'existence et il a fait l'objet de vandalisme. Réparé, il est de nouveau détérioré... volontairement ou par un engin de débardage ? En 2020, réparé tant bien que mal, il est maintenant remis en place dans un espace dégagé ce qui, en principe, exclu désormais l'accident. Signalons qu'une famille d'Ellemelle, que nous remercions et dont nous louons l'initiative, a même pris à cœur de faire la chasse aux mauvaises herbes au pied de ce petit patrimoine.
    Aucune personne d'Ellemelle interrogée, même d'un certain âge, 92 ans, originaire et passionnée par l'histoire de son village, n'a pu nous renseigner sur la raison de l'implantation de ce que l'on suppose un petit cénotaphe. Elle n'en connaissait même pas l'existence, cela reste un mystère. Nous n'avons jusqu'à présent pu trouver aucun document qui en parle; agents discrets… en piste pour un nouveau défi !
    La route empierrée est maintenant un chemin de campagne en terre qui rejoint la rue de Parfondvaux reliant Fraiture en Condroz à Moulin. En la traversant vous arrivez tout droit à Houchenée qui, rappelons-le, faisait partie d’Ellemelle jusqu’au premier janvier 1977 date effective de la fusion des communes.
    ...lire la suite sur Wikipédia

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  • Anciennes photos des équipes de football du Condroz suite (de 1916 à 1968)

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    Un de nos lecteurs assidu, Marcel Ponthier, a mis la main sur une cinquantaine de photos d'époque de différentes équipes de la région.
    En voici un inventaire partiel. Vous pouvez les retrouver dans l'album publié sur ce blog.
    Une première partie a été publiée le 5 janvier 2020, en voici une deuxième série.
    Vous pouvez également contacter Marcel à l'adresse suivante si vous êtes intéressé : marcel.ponthier@gmail.com

    Voir l'album 

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    club foot Condruzien 1961-1962.jpg

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    club foot Étoile Bleue Pair-Clavier 1942.png

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  • 8 mars, journée de la femme, aussi dans notre histoire locale: "Trois gentes dames et un château"

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    Le château d'Abée
    Les fondateurs de la seigneurie furent Lambert d'Abée et son épouse, Gertrude, décédés en 1312 et 1310

    Dans les derniers numéros de la revue communale "Tinlot aux 4 Saisons", vous avez pu découvrir une rubrique sur l'histoire locale de notre commune, réalisée par Louis Pauquay d'Abée.
    En poursuivant ses recherches, il a découvert aux Archives de l'Etat un épisode et des personnalités qui lui avaient échappé jusqu'à ce jour..
    Il s'agit des trois dernières châtelaines d'Abée, dont Ange-Philippine, inhumée dans la Chapelle en 1790. Ce qui est original, c'est que deux générations de femmes aient combattu avec ténacité et succès pour faire triompher leurs droits de femmes.
    Comme le 8 mars a lieu la Journée de la Femme, c'était une occasion de les faire connaître sur ce blog.

    Trois gentes dames et un château.

    La femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune. (Olympe de Gouges, Droits de la Femme et de la Citoyenne. Guillotinée le 3/11/1793)
    En 2020, des femmes continuent à se battre. La Révolution Française a essayé de leur couper la parole et la tête. Mais le mouvement était déjà lancé, notamment à Abée !

    Le décès de la châtelaine Ange-Philippine de Masbourg, le 3 novembre 1790, met un terme à la période féodale du château d'Abée. Seul souvenir de cette dame, la dalle funéraire dans la chapelle Saint-Remi laisse imaginer la fin d'une époque qui s'éteint calmement avec cette baronne sans aucun héritier direct.
    Pourtant, la vie dans l'antique château fut tout autre au XVIIIe siècle pour trois baronnes, les dernières de la lignée des Eynatten. Elles eurent à combattre avec autant de détermination les appétits mâles qui rôdaient autour de la seigneurie, que leur statut d'infériorité sociale de femmes sous l'Ancien Régime. Pour revivre et comprendre ce siècle de chicane il faut se plonger dans les archives de l’État conservées à Liège.

    Résumons les faits en les plaçant sous l'éclairage du droit de la famille, notamment celui des femmes au 18e s.

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    Du bon usage du droit familial dans les seigneuries de l'Ancien Régime.

    1° Le seul bien, c'est la propriété foncière. Eviter le morcellement du domaine familial !

    2° Le père reste le maître absolu du bien jusqu'à sa mort. Il organise sa succession (à peu près) à sa guise. Le fils aîné hérite normalement du domaine; ses frères cadets font une carrière militaire ou ecclésiastique; on cherche un beau parti pour les filles (en les dotant) ou on les fait entrer en religion.

    3° Le statut juridique des femmes. Une femme n'a pas de capacité juridique (elle ne peut poser aucun acte reconnu par la loi), ni de liberté : célibataire, elle est sous la tutelle de son père et, mariée, sous celle de son mari. Seule la veuve (dont le père est aussi décédé) a une capacité entière, y compris vis- à-vis de ses enfants. Le même statut vaut pour celle qui reste célibataire, si son père est décédé. Une veuve qui se remarie, retombe sous la puissance maritale. On peut toutefois donner la capacité juridique en émancipant un mineur ou une femme.

    4° Le seigneur peut assurer un revenu à sa veuve : il peut lui réserver un douaire : une partie de son domaine, soit en usufruit, soit en pleine propriété.
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    A la fin du XVIIe s., le baron Ferdinand-Charles d'Eynatten et son épouse, Marie-Charlotte, dame de Saint-Fontaine, possèdent un vaste domaine dont les seigneuries d'Abée et de Saint- Fontaine . Ils ont un fils aîné (né en 1677) et deux filles (nées en 1678 et 1783) .
    En 1698, à
    21 ans, ce fils s'est engagé dans la carrière militaire au service du Prince-évêque et songe à se marier. Mais les temps sont durs : on sort à peine des ravages provoqués par les guerres de Louis XIV; la propriété foncière ne rapporte guère et beaucoup de nobles sont endettés. Un parti se présente en la personne de la veuve du seigneur de Berlo, qui a déjà deux enfants de cette première union. Les parents d'Eynatten confient à un notaire la rédaction d'un contrat de mariage qui garantisse les biens de la famille et l'avenir de leurs filles. Ce document, disponible aux Archives, sera la source d'un siècle de contestations et de procès.

    Condensons le texte exposé par un juriste dans un Mémoire pour la Cour supérieure de Justice de Liège lors du dernier procès, en date de 1818.
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    1 Notons que la seigneurie d'Abée a déjà été amputée du domaine d'Outrelouxhe en 1661. Henri d'Eynatten, père de Ferdinand-Charles, lègue la seigneurie d'Abée à son fils aîné, mais accorde celle d'Outrelouxhe en douaire à son épouse Claire de Berlo, qui, veuve en 1665, la vendra à la famillle d'Ursin (cf.du bon usage..., n°4).
    2 Pour connaître cette famille, on consultera le tableau généalogique de la page suivante.

    Généalogie des acteurs
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    Le 27/7/1698 (AEL, Fonds de Mercy, n°1876), Ferdinand-Charles d'Eynatten fait donation de la seigneurie d'Abée "en convenance de mariage" à Ferdinand-Philippe-Charles d'Eynatten (Cf. Du bon usage... n° 2) né en 1677, son fils aîné , à l'occasion de son mariage, le 16/1/1699 avec Jeanne-Philippine d'Erp Friesselstein (nb. Cette veuve, mère de 2 enfants, décédera le1/10/1721). Il s'agit certes d'une donation, mais restreinte par la clause de fideicommis dont elle est assortie.
    Le
    fideicommis consiste à donner la jouissance totale d'un bien à un héritier en lui imposant d'en céder tout ou partie à un autre héritier le jour où ce dernier aura la capacité juridique qu'il n'a pas (encore) au moment de la conclusion de l'acte. Concrètement, ces dispositions sont destinées à protéger les deux filles mineures et à empêcher toute aliénation du bien.
    C'est que les barons d'Eynatten, père et fils, sont en difficulté financière; on mentionne qu'ils vendent de nombreux biens non soumis au
    fideicommmis. En échange de la jouissance du domaine, où il habite avec ses parents, et des revenus qu'il génère, le fils doit entretenir le château, payer les rentes (notamment une rente en faveur de ses soeurs) et les hypothèques grevant le bien. Ce que ne fait pas Ferdinand-Philippe-Charles ! Et les parents reprennent le bien (confirmation par un arrêt de justice; mais quelle est la portée du verbe "reprennent" ? Que devient la clause de fideicommis ?).

    Sur ces entrefaites, l'aînée des soeurs, (Marie-)Barbe-Théodore (née en 1678) épouse en 1705 Jean-Godefroid de Masbourg de Somal. Mariée, elle n'a toujours pas de capacité juridique, pas plus que sa soeur cadette encore célibataire, Ange-Paule-Philippine d'Eynatten. Les parents vieillissants se préoccupent de leur succession. Dans un testament conjonctif de 1707, ils font un leg et partage en bonnes soeurs de leurs biens entre Marie Barbe et Ange-Paule.

    Et en 1709, Ferdinand-Charles d'Eynatten meurt quelques mois après son épouse, non sans avoir fait un dernier testament. Il y déclare son fils "héritier universel chargé d'accomplir toutes ses ordonnances".

    Le différend
    La situation juridique du bien à transmettre est bien complexe. Ferdinand-Charles occupe le château et doit payer une rente à ses soeurs; la clause de
    fideicommis est-elle caduque après la reprise du domaine par les parents ? Les deux testaments font-ils des soeurs les seules héritières du bien visé par le fideicommis qui devra leur revenir au décès de leur frère ? Ou encore si le testament de 1709 confirme la donation avec fideicommis faite à Ferdinand- Charles, ses éventuels descendants perdraient-ils leur droit d'héritier ? Mais la vie continue ! Barbe aura rapidement 3 enfants : un fils qui n'intervient pas dans notre recherche (il mourra sans enfant en 1750) et deux filles. Marie-Ferdinande-Charlotte qui se mariera, mais mourra aussi sans enfant peu après 1760. Reste Ange-Philippine (4), la cadette, qui défendra le château d'Abée jusqu'à son dernier souffle en 1790.
    Quant à Ferdinand-Charles d'Eynatten, les archives ne suivent pas son existence. Il est impliqué dans l'establishment militaire liégeois, mais reste toujours aussi décavé.

    Capture d’écran 2020-02-29 à 18.15.07.pngLe blason des seigneurs d'Eynatten, gravé au-dessus d'une porte dans la Cour d'Honneur du château.
    Les Eynatten ont possédé le domaine de 1560 jusqu'à 1758.

    On y reconnaît 6 merlettes (et non "6 petits canards", comme on dit en plaisantant)
    (Photo A. Louviaux)

     

     

     

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    Il a été repris comme blason de la Commune de Tinlot.

     

     

     

     

     

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  • Mardi 25 février 2020, c'est le ”MARDI GRAS”

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    Photo Liège Tourisme,

    Mardi gras est une période festive qui marque la fin de la "semaine des sept jours gras".
    Cette période, pendant laquelle on festoie, précède le mercredi des Cendres marquant le début du Carême. Les "Sept jours gras" se terminent en apothéose par le "mardi gras" et sont l'occasion d'un défoulement collectif. L'esprit de jeûne et d'abstinence qui s'annonce est momentanément mis entre parenthèses : place au carnaval !
    La date de Mardi gras est mobile car elle est associée à la date de Pâques (donc le premier dimanche qui suit la pleine lune et l'équinoxe, toujours entre le 22 mars et le 25 avril), c'est ainsi que le Mardi Gras est toujours fixé entre le 3 février et le 9 mars, soit juste avant la période de Carême, c'est-à-dire 41 jours + 6 dimanches, soit finalement 47 jours avant Pâques. (D'après Wikipédia)
    Les carnavals en Province de Liège

  • Les carnavals en province de Liège

    Les carnavals en province de Liège

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    Terre de folklores et de traditions populaires, la province de Liège enfile chaque année,
    à l’approche de la Chandeleur, ses plus beaux costumes et déguisements.
    De février à avril, suivez les différents carnavals et laetare de notre province qui vous emmèneront à la découverte, entre autres, du Cwarmé de Malmedy, des Blancs Moussis de Stavelot ainsi que du Prince Carnaval et du Rosenmontag des Cantons de l’Est.
     

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  • Liège, Place St-Lambert. Le petit avion est de retour

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    Le revoilà!

    Le célèbre petit avion de la place Saint-Lambert avait disparu au début décembre et tout le monde se demandait où il était passé. En fait, il avait été rangé dans un atelier de la Ville en attendant la fin du village de Noël. Mais heureusement, depuis hier, il trône à nouveau fièrement devant les galeries Saint-Lambert, avec toujours Tchantchès comme pilote et Nanesse comme passagère -L.G.

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    Le premier avion d’avant-guerre était en fer

    Source: 7Dimanche
    La Meuse du 5/12/2020

  • Anciennes photos des équipes de football du Condroz (de 1930 à 1968)

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    Voir l'album

    Un de nos lecteurs assidu, Marcel Ponthier, a mis la main sur une cinquantaine de photos d'époque de différentes équipes de la région.
    En voici un inventaire partiel. Vous pouvez les retrouver dans l'album publié sur ce blog.
    Il sera complété dans quelque temps.
    Vous pouvez également contacter Marcel à l'adresse suivante si vous êtes intéressé : marcel.ponthier@gmail.com

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  • Histoire locale. Les gares belges d'autrefois (photos)

    capture ecran 2019-08-31 à 12.11.44.jpgLe site "Les gares belges d'autrefois" rassemble de très nombreuses photos d'époque des gares en Belgique, répertoriées par Province. Voici notamment quelques extraits de la ligne 126 Huy-Ciney aménagée actuellement en Ravel et qui traverse le Condroz.

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  • Hstoire locale. Appel à vos souvenirs pour dater cette photo

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    Soheit-Tinlot.
    Quelqu'un pourrait-il dater une photo prise par mon grand-père, Albert Manne de Huy, à l'occasion de l'inauguration du monument aux morts de la 1ère guerre mondiale ?
    Cette photo illustra un article de presse paru en son temps, dont je joins la reproduction scannée.
    Merci pour votre aide.
    Bernard Burton

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  • Huy : le Fort marqué par les deux Guerres mondiales

    L’histoire du Fort de Huy est principalement liée à l’occupation nazie durant la Seconde Guerre mondiale. Devenu lieu de mémoire, les visiteurs ont la possibilité se rendre compte des conditions de vie des prisonniers.

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    Vestige de l’ancien château, le Fort possède une histoire riche : « Il a été construit par les Hollandais entre 1818 et 1823 sur le site de l’ancien château. Il devait accueillir 600 garnisons, mais il n’en sera rien et en 1830 les Hutois vont en prendre possession lors de la révolution belge. Le Ministère de la défense, et le Général Brialmont, va alors le moderniser fin du 19e siècle en ajoutant des canons. Pour rien, car le Fort ne servira jamais militairement », explique Bernadette Latinne, conservatrice des musées de Huy.
    Les périodes qui auront marqué le Fort sont les Guerres mondiales, et particulièrement la seconde. Les soldats allemands vont incarcérer plus de 7000 prisonniers entre mai 1940 et le 5 septembre 1944 : « C’est une période très dure avec des conditions de détention extrêmes : cachots, salle d’interrogatoire, chambres de détention et lavoirs rudimentaires. Les premiers prisonniers étaient des miniers français. Plus de 200 d’entre eux avaient été transférés au Fort après une grève. La majorité des miniers s ’étaient finalement retrouvés déportés à Sachsenhausen. Des Liégeois ont également séjourné entre ces murs comme Joseph Pholien, Arthur Massin et Julien Lahaut. En tant que figure de proue des grèves dans le bassin liégeois, Lahaut n’aura pas reçu un traitement délicat », ajoute Bernadette Latinne.
    Lieu de mémoire
    Racheté par la ville de Huy en 1973, le Fort est devenu un lieu de mémoire pour ne pas oublier les blessures du passé. Il reste un témoignage intact de la vie vécue sous l’occupation nazie. L’espace muséal éclaire le visiteur sur les conditions de vie des prisonniers durant la Seconde Guerre mondiale et sur la vie quotidienne de la population. Un spectacle pédagogique à l’attention des écoles retrace même l’histoire des prisonniers sur base de témoignages et anecdotes réels. Un autre moyen de comprendre ce qu’ont vécu les témoins est une vidéo d’une quinzaine de minutes après la visite des lieux. L’an passé, le Fort a accueilli 12.973 personnes.
    Le Fort de Huy est ouvert tous les jours jusqu’au 31 octobre. En semaine, les visiteurs peuvent s’y rendre entre 9h30 et 17h. Les week-ends, jours fériés et en juillet-août, les visites se dérouleront de 10 à 18h. Deux journées des familles seront également organisées les 4 et 25 août prochains.
    La Meuse

  • Huy: 80.000 personnes attendues pour le cortège des Septennales, le jeudi 15 août

    Événement incontournable avec sa foire, le village des confréries, la soirée sur la Grand-Place et le feu d’artifice, les festivités du 15 août à Huy débuteront dès le vendredi 9 août par l’inauguration du champ de foire et ses 111 métiers forains, selon le programme présenté jeudi à l’Hôtel de Ville. En cette année septennale, grand cortège oblige, près de 80.000 personnes sont attendues à Huy.

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    Voir la vidéo

    Le cortège des Septennales qui porte la vierge dans les rues de Huy prendra son départ le 15 août à 15h à l’école communale d’Outre-Meuse pour se terminer avenue du Hoyoux. Le parcours sera long 700m à 1 km.
    Près de 700 figurants y prendront part pour rendre hommage aux paysages et folklore hutois : 50 artistes du feu, cinq groupes musicaux, 100 danseurs, deux acrobates à cheval et neuf chars.
    Le cortège se divisera en trois parties : une historique, une folklorique et une religieuse. La Ville de Huy veut en profiter pour mettre en avant la notion d’ouverture. « Des délégations de confessions différentes vont rendre hommage à la belle dame. C’est l’occasion de montrer l’ouverture du cortège avec une délégation juive, une délégation musulmane, une délégation bouddhiste et une association pour le droit des femmes », explique Benjamin Belaire, animateur au centre culturel de Huy et metteur en scène du cortège.

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    Le cortège du 15 août sera suivi par une animation DJ de 18h à 23h, avant le traditionnel feu d’artifice à 23h précédé par une féerie lumineuse en huit tableaux artistiques.
    L’origine des Septennales remonte au 17e siècle en l’honneur de Notre-Dame de la Sarte, en remerciement de la fin d’une sécheresse catastrophique. Au fil des années, la fête s’est transformée en événement pour tous les Hutois et est devenue un rassemblement culturel, religieux et une fête populaire.
    Voir la vidéo et l'article complet dans la Meuse H-W

  • Histoire locale. Une brève histoire des routes à Tinlot

    Une brève histoire des routes à Tinlot.

    Il y a deux mille ans...

    Depuis deux millénaires, les villages de l'entité de Tinlot ont continuellement été traversés par des artères de communication importantes. Nous ne parlons pas des quelques chemins et nombreux sentiers qui reliaient les hameaux et villages, mais de grands axes assurant la mobilité entre différentes régions ou métropoles éloignées d'un même état. L'évolution historique des parcours adoptés est révélatrice de choix de plusieurs ordres : stratégique, s'il s'agit de faciliter la circulation de troupes; économique, pour répondre aux besoins du commerce, notamment avec les états voisins; voire politique, quand le tracé doit se faufiler dans la mosaïque de petites seigneuries en évitant les domaines des voisins hostiles.

    La plus ancienne route - et le modèle jusqu'à présent - a été financée et construite par l'état romain dans les premières années de notre ère. "Toutes les routes mènent à Rome." dit le proverbe. La nôtre s'intégrait parfaitement dans ce projet1 : de Tongres, elle se dirigeait vers Amay où elle passait la Meuse à gué (vu son importance, on construira très vite un pont), puis traversait de face les tiges et chavées du Condroz jusqu'à Vervoz, avant de s'enfoncer dans la forêt ardennaise pour rejoindre Arlon et le réseau lorrain.
    Ce travail titanesque fut réalisé en quelques années entre les deux métropoles de la Gaule du nord. L'objectif était de permettre le fonctionnement de l'administration et la circulation rapide des troupes, mais aussi de développer le commerce dans cette province récemment conquise. Et le fisc impérial ne lésina pas : on fit une route "consulaire", c'est-à-dire avec une assiette large de 3 à 6 m. bordée de fossés. Une route si solide et bien entretenue qu'elle fut utilisée jusqu'à la fin du Bas-empire ! Après l'effondrement de l'Empire et le morcellement du territoire, la route perdit sa raison d'être et seuls quelques tronçons locaux furent encore empruntés et sont encore utilisés de nos jours, comme la Chaussée des Romains à Ramelot.

    Il y a mille ans...

    Dès la fin du 10e s., la formation de la Principauté de Liège et son extension progressive vers Dinant et la Haute-Meuse, puis vers le duché de Bouillon, vont créer de nouveaux besoins de communication. Désormais tous les chemins mènent à Liège ! Un des plus importants, si pas le plus important, nous a légué son tracé condrusien : il traversait Tinlot et le Condroz pour relier Liège à Dinant en passant par Ciney.2 C'était plutôt une piste, en terre, ravinée d'ornières, guère entretenue et en de nombreux endroits digne de la fable Le Coche et la Mouche de Jean de La Fontaine. Parcourir cette septantaine de km restera une expédition périlleuse jusqu'au début du 18e s.

    Il y a trois cents ans...

    A ce moment, l'apaisement des tensions politiques entre les puissants voisins, la France et les Pays-Bas autrichiens, stimula les opportunités de commerce transfrontalier. Le gouvernement du Prince-évèque décida donc la rénovation et l'amélioration des infrastructures routières importantes3; le Chemin de Liège à Terwagne devint la Chaussée de Liège à Dinant, aussi appelée Route de France. Il s'agissait d'un très gros chantier : aplanir certaines irrégularités du sol pour réguler la déclivité (la côte de France entre Ivoz et Neuville), remplacer les gués par des ponts, empierrer, voire paver, à certains endroits. Si la chaussée, élargie et rectiligne, est bien représentée sur les cartes de Ferraris (avec les barrières de péage de Tinlot, à la Douève, et de Terwagne, à l'entrée du village), il restera encore à faire.

    1 Voyez l'article Sur la voie romaine dans nos villages condrusiens sur tinlot.be/loisirs/découvrir Tinlot

    2 Il s'agit de l'unique itinéraire terrestre, car il n'y a pas encore de route qui suive le cours de la Meuse. Quant au transport par barque sur la Meuse, il est tributaire des conditions atmosphériques et est contrôlé par le Duché de Namur.

    3 Voir Abée et Scry avant la Révolution Française, Partie 2, sur tinlot.be/loisirs/découvrir Tinlot

     

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    Les grands axes seront pavés et n'évolueront guère (1ère moitié du 20e ). 

    La sortie de Scry (à la fin du 19e ou au début du 20e). A droite une maison isolée qui existe encore, et les arbres plantés en bordure de route par les Ponts-et-Chaussées. A gauche, le chantier de la carrière disparue (actuellement un taillis).
    Photo Tinlotblog 20/7/2012.

    Il y a deux cent cinquante ans...

    Le tracé utilisé entre Terwagne et Havelange était détestable ! On voulait le modifier, mais aussi éviter la gourmandise taxatoire ou l'hostilité politique de certaines seigneuries voisines : Ramelot, enclave du duché de Luxembourg, fut, jusqu'à la Révolution, territoire des Pays-Bas autrichiens; et tout franchissement de frontière impliquait une taxe !
    Quand en 1780 on remplaça ce parcours inadapté par un nouveau tronçon, la nouvelle Chaussée de Dinant, de Fraineux à Pailhe via Scry et Pont de Bonne, on veilla à le construire sur les terres liégeoises de Strée et Vierset, le long de la limite de Ramelot. Pour financer ces grands travaux, la Principauté perçut selon la coutume un péage; il y en avait 5 du Val St-Lambert jusqu'à Terwagne, on en créa 3 sur le nouveau tronçon de Fraineux à Pailhe. Pendant le demi-siècle qui suivit, l'état des routes non entretenues se détériora.

    Il y a deux cents ans...

    Il fallut attendre l'Indépendance pour que la jeune Belgique reprenne les travaux publics routiers. Ce fut un très ambitieux projet, un projet national, conçu et développé à l'échelle de la Belgique, et d'une ampleur jamais atteinte précédemment. Après 1830, les priorités des communications avaient changé : on voulait que le réseau, densifié, relie Bruxelles à toutes les régions du territoire national. On distingua alors les gestionnaires selon l'importance de la liaison : les grand-routes, gérées par l'Etat et les Provinces, et les chemins vicinaux (chemins ou sentiers), du ressort des communes.
    L'Etat voulut créer une liaison moderne vers l'est (vers Stavelot, sachant que Malmedy se trouvait alors en Prusse); or de Huy à Ouffet et Hamoir en traversant Tinlot, il n'existait qu'un chemin de terre, desservant les villages. De surcroît, les anciens chemins locaux se limitaient à relier deux lieux proches (fermes, villages...) en tenant compte des territoires seigneuriaux; aucune vue d'ensemble cohérente ne déterminait le meilleur itinéraire entre des localités plus éloignées.
    Il fallait donc ouvrir de nouveaux tronçons. Ainsi le chemin de Huy et Strée obliquait légèrement vers la droite peu après le carrefour du château d'Abée, traversait les actuelles prairies et longeait l'orée du bois vers la Ferme de l'Abbaye pour rejoindre Tinlot.
    La planche 4 de l'Atlas Vicinal de Tinlot mentionne en rouge le nouveau tronçon rectiligne ouvert dans le bois de Tinlot entre le carrefour cité et le viaduc actuel (voué à disparaître) de Tinlot. En bord de carte figure le commentaire explicatif : rectification du chemin de grande communication de Huy à Hamoir. Cette route empierrée - comptant plusieurs barrières de péage entre Huy et Tinlot - fut mise en service entre 1844 et 1846.
    Nous sommes relativement bien informés sur ces travaux grâce aux archives du Parlement et autres ministères : on apprend par exemple que les pierrailles proviennent de carrières de calcaire des communes traversées, ou encore qu'on recourait aux ouvriers agricoles pour creuser les fossés en automne, à la fin des travaux des champs. Cette route "de grande communication", ou encore "de grande vicinalité", était empierrée de Huy à Hamoir : un empierrement calcaire de cailloux concassés sur une largeur de 3,5m, avec accotements et fossés pour une largeur totale de 7m.

    Quant aux déplacements locaux - les plus importants pour la population - dans un village ou entre deux villages, ils se faisaient par les petits chemins et sentiers (le plus souvent à pied, au plus court, à travers campagnes et bois !). C'est la loi du 10 avril 1841 qui fit réaliser un atlas des chemins accessibles au public dans chaque commune : l'Atlas Vicinal. Attention ! La plupart appartenaient au patrimoine public communal, tandis que d'autres étaient des propriétés privées sur lesquelles le propriétaire autorisait le passage. On peut consulter dans chaque administration communale l'Atlas Vicinal, qui fait foi, pour autant qu'on tienne compte de la remarque ci-dessus et que les chemins désaffectés et vendus par la commune y aient été mentionnés.

    Connaître le passé aide à comprendre le présent.

    - Les barrières de péage.

    Tout Belge qui part vers le sud sait qu'il devra s'arrêter aux barrières de péage et... payer4 ! Qu'en était-il chez nous ? Une très sérieuse étude de la Chambre des Représentants de 1838 est consacrée aux péages routiers. On y apprend notamment qu'en la matière, nous les Belges, nous avons été des initiateurs très suivis en Europe :

    "C'est au système de péages appliqué aux routes que la Belgique est redevable de la majeure partie de ses voies de communication... Dès 1639, le système de concession de péages, à charge d'entretien, y était connu et généralement en pratique..."5 (p.3)

    La France révolutionnaire avait décidé de supprimer les péages, y compris dans les territoires annexés en 1795. Pourtant, confrontés à la détérioration des routes et sans ressources, les Révolutionnaires rétablirent bien vite les péages, perçus cette fois par une régie chargée de l'entretien. Hélas, elle ne percevait presque rien, tant étaient gourmands les opérateurs ! En 1801, le premier Préfet du département de l'Ourthe, Desmousseaux6, jugeait qu'il fallait revenir à la gratuité :

    " Depuis plusieurs siècles, ce pays (nb. Liège), comme le reste de la Belgique, était soumis à l'impôt des barrières7; mais il était plus léger et les points de perception, moins nombreux. Il faut avoir le courage de le dire. Cet impôt gênant qui arrête le voyageur, le voiturier, l'agriculteur à chaque pas, qui les expose à des retards, à des supercheries, à des tracasseries multipliées, cet impôt enfin, qui coûte tant au peuple et rapporte si peu à l'Etat, est une cause perpétuelle de dégradation des routes et le motif d'une plainte générale."

    Le Préfet énonce ici une des premières revendications des Révolutionnaires : il s'agit d'un péage qui coûte cher et ne rapporte pas assez à l'Etat pour entretenir les routes de plus en plus abimées "On paie pour un service qui n'existe pas !" Il fut aboli et l'Etat prit en charge ces dépenses sur décision de Napoléon en 18068. Après 1814, le système des barrières fut rétabli par les Hollandais et prolongé par les députés belges dès 1831. Les barrières de péage étaient concédées à des particuliers ou des sociétés par adjudication pour une certaine durée (1ou 3 an(s), beaucoup plus longtemps après 1850).
    Bien entendu, le prix atteint aux enchères dépendait du retour espéré compte tenu du trafic; or le prix du péage était contrôlé par l'Etat et la perception générait des frais de personnel. Néanmoins, les documents officiels du 19e s. nous montrent que le prix des adjudications a doublé entre 1830 et 40 en conséquence de l'augmentation du trafic et de la bonne santé de l'économie. On constate aussi que les péages de Fraineux et de Scry figuraient parmi les plus rémunérateurs de la Province de Liège, suivis en bonne place par ceux de Terwagne et Tinlot.
    Les prix demandés aux voyageurs étaient, lit- on, "modérés" (?). Ce qui est remarquable quand on sait que le gestionnaire de la barrière prélevait ses frais ainsi que son bénéfice et que le Fonds des routes de l'Etat belge, qui encaissait le reste, disposait d'un montant supérieur aux frais d'entretien. Le surplus engrangé permettait donc d'améliorer le réseau et de créer de nouvelles routes.
    Pourtant le pactole ne fut pas éternel ! Dès 1831, les exemptions se multiplièrent : les véhicules officiels, la poste, les citoyens sur le territoire de leur commune, les véhicules agricoles sur le chemin de la ferme, ceux qui transportaient de la chaux; en 1833, un agriculteur de Terwagne réclamait même l'exemption depuis le Val Saint-Lambert pour son tombereau ramenant du charbon destiné à son four à chaux.
    Enfin, à partir de 1850, l'apparition de la concurrence du transport par chemin de fer et par bateau fit chuter les revenus. En 1867, le Ministre Frère-Orban supprima les barrières de péage sur les routes de l'Etat (les autres suivront, plus ou moins vite).

    Nous sommes bien informés sur le sujet : "Il ne pourra avoir plus d'une barrière à raison d'une distance de 5000 mètres" stipule la loi. Vers 1850 , il y avait 4 barrières sur le territoire de Tinlot. La plus ancienne se trouvait sur le chemin de Liège à Terwagne " < sur le tronçon s'étendant> depuis le débouché du chemin de Soheit jusqu'à la dernière maison du village." Ce que confirme Ferraris qui la représente sur sa carte (1778) au lieu-dit La Douève.
    On laisse donc une tolérance pour l'installation, tout en respectant la norme de 5000m (une lieue, entre Fraineux et Tinlot et entre Tinlot et Terwagne). La deuxième apparaîtra sur la nouvelle chaussée de Dinant lors de sa mise en service en 1781. Elle était située dans le village de Scry. Les deux dernières seront établies sur la route de grande communication de Huy à Hamoir inaugurée en 1846. L'une sera à Tinlot, l'autre à Seny; aucune des sources que j'ai consultées ne permet de préciser leur localisation. Il ne subsiste pas davantage de vestiges des deux premières en dehors des deux mentions suivantes :

    Un Itinéraire complet de la France, daté de 1788, mentionne "la barrière et le cabaret de Sohait"; mais ce dernier semble avoir disparu au 19e.
    L'Atlas vicinal de 1842 signale que "le chemin de Soheit ( = la rue Haute Barrière) déboule sur le pavé de Terwagne". Il y aurait donc eu un secteur pavé à cet endroit9.

    La barrière doit être signalée par un poteau (surmonté d'un éclairage entre le coucher et le lever du soleil); les voyageurs doivent s'arrêter et s'acquitter du montant du péage correspondant au véhicule.

    4 "Péage" est synonyme de "payer" dans notre esprit. L'étymologie de ce terme est cependant tout autre ! Pedaticum (< pes, pedis = le pied) désigne d'abord le (droit de) passage. Et c'est ce droit qui se paye.

    5 Cette année-là fut reconstruit le Pont de Arches à Liège. Le péage exigé pour le traverser permit de couvrir son financement.

    6 Tableau statistique du département de l'Ourt(h)e (1800).

    7 Sur la carte de Ferraris (1776), on distingue les barrières de Soheit (près du carrefour de la rue Haute-barrière) et celle de Terwagne.

    8 Il n'y fut rétabli que dans le courant des années 1960.

     

    A titre anecdotique, voici le tarif officiel affiché10 en 1853 :

    9 Un autre secteur pavé se trouvait notamment sur la Chaussée de Dinant entre le carrefour de La Botteresse et Limet. Le souvenir de cet ouvrage est lié au toponyme La Pavée.

    10 Recueil des pièces imprimées par ordre de la Chambre des Représentants, Volume 2,1853. La redevance dépendait de la puissance de l'attelage (le nombre de chevaux). Il n'est dès lors pas étonnant que lors de l'apparition des automobiles, la taxation soit appliquée en fonction du nombre de chevaux (-vapeur) du moteur !

    Sachons aussi qu'il existe déjà un code de la route fort répressif :

    Chaque véhicule doit porter une plaque mentionnant le nom et l'adresse du propriétaire. Toute fraude à la barrière entraîne une amende de 30 fr.
    Répression du dépassement de la charge autorisée : des ponts-bascules permettent de les détecter; la sanction consiste à faire délester le véhicule de la surcharge, voire à le confisquer. Obligation de céder le passage aux véhicules transportant des personnes (pensez à l'expression "tenir le haut du pavé").

    Interdiction pour les véhicules de transport de marchandises de circuler pendant les périodes de dégel (un avis était affiché aux barrières).

    Au 19e s., la "mobilité" devenait plus accessible pour autant qu'on accepte des conditions inconfortables : il y avait bien sûr les équipages personnels des nantis, mais aussi la malle-poste à deux classes de sièges et le char-à-bancs franchement spartiate qui circulaient selon des horaires fixes.

    Imaginez le voyage en plein hiver (on déblayait la neige), ou dans la nuit ! Sans compter les risques11 (d'accident, d'agression). A la fin du 18e, il fallait 7 heures pour faire Liège-Marche. L'auberge des Quatre-Bras - qui firent partie d'Abée-Scry jusqu'à la fusion de communes - était un relais de poste12. La dernière malle-poste en fonction en Belgique13 effectuait jusqu'en 1925 la liaison Ciney-Dinant en deux heures. Quant aux plus performantes du 19e, elles pouvaient réaliser 20 lieues (= 100 km) en un jour.

    11 Par exemple, l'assassinat d'un voyageur perpétré par des bandits. Tel celui de 1670 illustré dans l'article Des 4 Saisons n° 145, p. 19, relatif à la croix de La Doiffe. A son sujet, je pense que ce toponyme inconnu, utilisé par l'enqueêteur du service du Patrimoine et inexistant dans les nombreux documents d'époque, est une mauvaise perception d'une prononciation wallonisante de "La Douève". La phonétique de "L'dwef" ou "l'dwaf" peut suggérer à un locuteur francophone une transcription "La Doiffe". C'est à cet endroit que se dressait la croix avant le grand bouleversement routier.

    - Dernier clin d’œil à notre passé :

    Un inspecteur des Ponts et Chaussées décrit en 1852 un chemin vicinal qui vient d'être élevé au rang de "voie de grande communication". Les automobilistes et les promeneurs habitués à le parcourir prudemment apprécieront la pertinence de sa description et constateront que 167 ans plus tard nous pourrions presque écrire le même texte.

    A partir de Terwagne, on trouve d'abord 500 à 600 mètres d'ancien empierrement défoncé, puis environ 200 mètres de chemin de terre; ensuite commence l'empierrement nouveau qui a 3m50 de largeur avec accotements de 1m50 et fossés de 1 mètre. Les accotements et fossés n'existent malheureusement pas partout, parce qu'une partie de ce chemin a été construite avant la déclaration de grande vicinalité.

    De l'origine jusqu'à Ramelot. Dans une première partie l'empierrement est parfaitement viable et le chemin a une largeur et des dimensions régulières, mais le tout laisse à désirer sous le rapport de l'entretien, notamment les accotements et les fossés; ces derniers sont mal ouverts et manquent de profondeur. Dans une deuxième partie, les accotements perdent leur largeur. Dans un remblai et dans une tranchée, l'un des accotements disparaît tout à fait et l'autre est réduit à presque rien. Les fossés n'y existent pas et l'empierrement est raviné par les eaux surtout contre les bordures. Au-delà de cette tranchée, les fossés, autrefois ouverts, sont complètement remplis et les accotements détestables et profondément ravinés.

    Aux approches de Ramelot, le tout devient moins mauvais sans être bon.
    Traverse de Ramelot. Une grande mare empiétant sur l'accotement qui la surplombe à une hauteur de 2 mètres sans garde-corps; ornières profondes sur l'empierrement; pas de fossés; accotements très boueux; une fontaine déborde sur celui de droite qu'elle ravine faute d'un écoulement régulier.

    De Ramelot à la route de Dinant à Liège, on trouve d'abord une espèce de précipice14 de plusieurs mètres de profondeur et non garanti contre l'accotement de gauche. Plus loin, un bel alignement est coupé en deux parties par une courbe irrégulière et sans motif. Les accotements et les fossés continuent à être irréguliers : quelquefois, les derniers manquent tout à fait; il en est de même des premiers, sur une longueur de 200 mètres resserrée entre deux haies. Dans toute cette partie l'empierrement est du reste parfaitement viable. A la sortie du dernier bois, commence une partie neuve atteignant la route de Dinant à Liège...

    Une partie de ce chemin a été construite avant la déclaration de grande vicinalité. C'est sans doute à cette circonstance que l'on doit les irrégularités que j'y ai reconnues et que je viens de signaler. Il demande un parachèvement et un entretien général et immédiat.

    On peut penser que l'ingénieur du 19e était exigeant en ne se satisfaisant pas de quelques aménagements. Mais ces relations du passé suscitent l'impression que le jeune état belge avait avant tout une ligne de conduite bien arrêtée : une bonne mobilité, organisée et efficace pour le transport des personnes et des marchandises, est la porte qui ouvre sur une époque de développement et de prospérité.

    L. Pauquay 2019

    12 Voir https://adalen.jimdo.com/nandrin/hotel-des-quatre-bras/

    13 On peut voir cette vénérable voiture au Musée de la vie wallonne à Liège. Voir l'article sur https://lapetitegazette.net/2016/04/11/le-conducteur-de-diligence/

    14 Deux détails surprennent : la grande mare en contrebas (2m) de la route plus bas que la fontaine (= le puits détruit ?) recevant l'eau de la source mentionnée (?); "l'espèce de précipice de plusieurs mètres sur la gauche de la route" après le carrefour de Ramelot. La route aurait-elle anciennement gravi le tige jusqu'au niveau de la butte du tilleul pour qu'il y ait "un précipice" un peu plus bas sur la gauche ?

    Source, site de Tinlot: http://www.tinlot.be/loisirs/decouvrir-tinlot/histoire-des-routes

  • Tinlot histoire locale. Assassinat d'un messager à Soheit en 1670.

    Vous l'aurez peut-être remarqué, le T4S trimestriel s'est enrichi d'une nouvelle rubrique consacrée à notre histoire locale.

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    Notre passé, notre histoire.
    Tinlot aux 4 saisons se propose de vous faire découvrir nos villages, profondément enracinés dans le terroir exigeant du Condroz, et leurs habitants, dont la vie laborieuse a façonné l'identité condrusienne que nous défendons. C'est une longue histoire, trop longue pour en faire la publication intégrale dans le bulletin. Chaque édition vous en présentera donc un élément du patrimoine, un épisode, une anecdote locale ou un acteur, en vous invitant à rejoindre le site web communal pour en savoir plus...

    Assassinat d'un messager à Soheit en 1670.
    La Croix de la Doiffe (1670) - KE 12 AOUST 1670 A ESTE OCCIS PIERRE RIECHEN MESSAGER DE LIEGE A DINARD PAR 3 MEURTRIERS REQUIESCAT IN PACE
    Croix monolithe en pierre calcaire. Au témoignage de Monsieur Peters, la Croix de la Doiffe se dressait sur le côté nord de la Chaussée, à l'emplacement de l'actuelle berme centrale, près du carrefour de la Rue Haute Barrière. Lors des travaux sur la N63, dans les années 70, elle fut sauvée de justesse par le Bourgmestre G. Delrée et le Cantonnier G. Evrard qui l'adossèrent au mur du cimetière, Chemin de Messe.
    Dimensions : hauteur 90 cm; largeur 73 cm. cliché n° 913, IPM 16/2.
    Jusqu'à l'apparition de la malle-poste, au 18e s. la messagerie était concédée à des professionnels qui disposaient de personnel, de chevaux et de relais sur les routes, ou plutôt les chemins de terre. Contre rétribution, ils avaient le monopole de l'acheminement du courrier "ordinaire" (entre particuliers).
    La victime, P. Riechen, inconnu par ailleurs, assurait donc ce service entre Liège et Dinant, autre ville de la Principauté.
    Le braquage violent d'un messager régulier et connu, alors qu'il circulait sur la chaussée de Liège à Dinant n'a pas laissé sans réaction les habitants de Soheit qui lui ont consacré une croix d'occis au bord de la chaussée.
    Même si elle est surmontée par la représentation d'un crucifix, la croix d'occis ne ressortit pas au cadre religieux (texte en français et non en latin; "ke" = ce; Dinard/ Dinant) ; elle commémore un décès, un meurtre ou un accident.
    Le Patrimoine monumental de la Belgique (vol. 16/2) la nomme Croix de la Doiffe (Doiffe serait un toponyme qu'aucun Tinlotois ne semble connaître !).
    Soheit, Tinlot et Scry bénéficiaient de cet axe, le plus important de la Principauté : de Liège, centre du pouvoir, mais aussi porte d'entrée de la Hollande (Maestricht) et de l'Allemagne (Aix), il conduisait voyageurs et marchands via Ciney et Dinant vers les territoires liégeois de l'Entre-Sambre-et-Meuse (Philippeville) et de la haute Meuse (Givet, Charleville), comptoirs du commerce avec la France. De Havelange, une bifurcation gagnait Rochefort, puis Saint-Hubert pour rejoindre Bouillon et la France à Sedan. De longs déplacements sans quitter le sol liégeois... et donc sans taxe de douane !
    Etait-elle sûre notre chaussée ? Assez, sauf au 17e, probablement le pire siècle pour notre région ! Entre 1666 et 1668 le Pays de Liège fut frappé par la dernière épidémie de peste. Les voisins français, espagnols et hollandais étaient en guerre. A l'arrêt des hostilités, les soldats, licenciés et abandonnés sans ressources, devenaient des bandes de pillards. La disette et la famine jetaient aussi sur les chemins de malheureuses victimes des exactions, prêtes à tout...
    Pour en savoir plus sur l'histoire des routes à Tinlot et lire des anecdotes très actuelles, rendez-vous sur le site tinlot.be/loisirs/découvrir Tinlot.
    A. Peters et L. Pauquay